Un compost pas si bio sur des terres agricoles vendéennes.

La FEVE (Féfération écocitoyenne de Vendée)  alerte sur la qualité du compost fournit par TRIVALIS (syndicat mixte départemental de traitement des déchets). Cette alerte vaut au président et vice-présidente de la FEVE d’être accusés de complicité de diffamation (avec France 3, Le Courrier vendéen et le Journal du Pays yonnais) suite à une plainte contre X déposée par ce même syndicat.

Revenons sur les faits, après avoir combattu avec succès l’installation d’incinérateurs d’ordure ménagère dans le département, la FEVE n’a jamais validé la solution alors apportée par TRIVALIS de mise en place de structure de tri-mécano biologique (TMB). Ce refus se basant sur le fait qu’ils constataient «que les processus de friction et de tamisage opérés dans l’usine de TMB ne parviennent pas à réduire les métaux, comme l’aluminium, qui reste totalement piégé dans le compost final» dixit Paul Arrivé président de la FEVE (source journal de l'Environnement). Malgré cette mise en garde le syndicat mixte TRIVALIS projetait alors la construction de 5 TMB, 2 ont été construits et un 3ème était prévu pour 2014 mais le projet est aujourd’hui à l’arrêt (source Ouest France).

Le compost fabriqué par les TMB est revendu à des agriculteurs partenaires pour épandage sur leur terre, le syndicat garantissant la qualité de ce compost par sa validité à la norme NFU44051 (source site web TRIVALIS). C’est aussi cette norme que remet en cause la FEVE pour la simple et bonne raison que celle-ci «autorise encore actuellement la présence de 5 kg de métaux et verre ainsi que 2,7 kg de plastiques par mètre cube de compost… » (source CNIID). Il n’est donc guère étonnant qu’en faisant analyser un échantillon de ce compost par le laboratoire Analytika, le FEVE y ait retrouvé « 2 183 mg/kg de zinc contre une tolérance de 600 mg/kg. 18,68 mg/kg d’Arsenic contre 15… Au total, cinq des huit métaux lourds dépassent le seuil autorisé. On note également la présence d’aluminium en forte dose (9 988 mg/kg), de produits radioactifs comme le barium (2 656 mg/kg) ou l’uranium (1,91 mg/kg)» (source le Journal du Pays Yonnais). Ce même laboratoire de conclure «le degré de pollution chimique organique de cet échantillon apparaît particulièrement préoccupant, et des mesures quantitatives complémentaires nous semblent absolument indispensables avant la mise sur le marché d’un tel produit, dont l’usage est très vraisemblablement dangereux» (source Journal de l'Environnement).

TRIVALIS n’acceptant pas cette remise en cause, portait l’affaire en justice en déposant plainte contre X (source MaVille.com). Sa ligne de défense : le prélèvement provient de refus (partie du tri non conforme pour le compost) et non du compost lui-même, or si cela était le cas, ce que contredit la FEVE, ça ne ferait qu’alimenter le constat effectué par la FEVE car "les éléments grossiers des refus retiennent moins les métaux lourds que la fraction fine à la surface d'adsorption beaucoup plus grande. Si l'échantillon analysé était bien du refus d'affinage (…), il est légitime de se demander si les concentrations trouvées étaient inférieures à celles du compost vendu, plus pollué in fine que l'échantillon analysé" (source CNIID). 

Quoiqu’il en soit le juge d’instruction poursuit la presse (le journal du Pays YonnaisLe Courrier vendéenFrance 3) pour diffamation ainsi que le président de la Fève, Paul Arrivé, et sa vice-présidente Danielle Laumont pour complicité de diffamation et le compost de TRIVALIS est toujours répandu.

Aujourd’hui, si le procès est reporté pour incident de procédure (source Ouest France), son déroulement marquera un tournant majeur pour les deux entités la FEVE et TRIVALIS : « avec une condamnation, Trivalis trouverait un solide argument pour discréditer ce binôme [Danielle Laumont et Paul Arrivé] dont les déclarations glissent, depuis des années, de sacrés cailloux dans sa chaussure. Au contraire, une relaxe sonnerait comme une victoire pour les militants. (…) L'absence de condamnation reviendrait en effet de facto à reconnaître leur bonne foi et un droit de critique. De part et d'autre, l'enjeu est de taille» (source Ouest France). 

La solution pour nos déchets me direz-vous ? Un tri des bio-déchets à la source pour une production de compost véritable voire une transformation en énergie bio-masse, plus d’info ici (ce site est une pétition mais c’est aussi une explication claire et concise de cette solution). Une solution qui n’attend plus que le support des citoyens volontaires tout comme la Féderation Ecocitoyenne de Vendée.

Pour plus d’info :

http://www.feve-vendee.org/

http://www.trivalis.fr/

http://www.ouest-france.fr/search/site/trivalis

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