Le Minitel est mort, vive le Minitel !

Deux semaines après l’enterrement du Minitel dans un anonymat qui n’aura eu d’égal que son obsolescence à l’ère du 2.0, revenons en mots et en images sur la création de la French Box, au beau milieu des années 70 sous le septennat Giscard.

Deux semaines après l’enterrement du Minitel dans un anonymat qui n’aura eu d’égal que son obsolescence à l’ère du 2.0, revenons en mots et en images sur la création de la French Box, au beau milieu des années 70 sous le septennat Giscard.

Car si le Minitel a eu ses adeptes comme il a aujourd’hui ses nostalgiques, sa vocation première ressemblait davantage à une conquête de l’Ouest : dans les années 70, la crise ne venait pas phagocyter la moindre décision entrepreneuriale et, mû par l’équation magique avenir = progrès, le pouvoir en place en était encore à lancer des grands plans d’industrialisation. Le Minitel est l’enfant de ceux-là, et peut-être même le plus emblématique de notre époque. Pourquoi ? Parce que pour une fois, le terminal physique, cette boîte robuste qui, à ses débuts, ne connaissait pas l’AZERTY, ne constituait pas la finalité du service rendu : la dématérialisation et la société de services sont contenues en germe dans la création de l’engin. Autrement dit, le grand plan d’industrialisation, qui, lui, date bien d’une époque révolue, visait un objectif qui a dépassé l’objet créé. Internet, en affranchissant le temps de consultation du prix, a dynamité le Minitel, mais certainement pas que lui : un ancien monde, vertical, vacille de plus en plus, renversé par les nouveaux modèles économiques, les nouveaux rapports humains qu’entraîne Internet et que n’avait fait qu’esquisser le Minitel.

Ecoutons Jean-Paul Maury qui, aujourd’hui encore, travaille à Orange, et qui fut l’un des artisans de ce grand plan à l’origine du Minitel. Avant la mise en place de celui-ci, le gouvernement français de l’époque avait voulu entreprendre un « rattrapage technologique » pris sur les télécommunications par la France :

 

La fin du minitel - Interview de Jean-Paul Maury - 1ère partie © Le Passager de l'Instant

 

Puis, advint le plan Minitel :

 

La fin du minitel - Interview de Jean-Paul Maury - 2ème partie © Le Passager de l'Instant

 

Une fois le Minitel créé, sa mise en place fut délicate, notamment en raison d’une partie de la presse qui voyait d’un mauvais œil l’arrivée de ce concurrent d’un autre genre :

La fin du minitel - Interview de Jean-Paul Maury - 3ème partie © Le Passager de l'Instant
 

On dit du Minitel qu’il était une exception française. N’y avait-il pas d’autres expériences similaires dans d’autres pays ?

 

La fin du Minitel - Interview de Jean-Paul Maury - 4ème partie © Le Passager de l'Instant

 

Last but not least : peut-on vraiment comparer Internet et le Minitel ? Quels sont les points de convergence ? Et quelle est l’explication de cette différence fondamentale (le temps ne compte pas dans l’utilisation d’Internet) qui a valu la mort du Minitel ?

 

La fin du Minitel - Interview de Jean-Paul Maury - 5ème partie © Le Passager de l'Instant

 

Je remercie Héloïse Rothenbuhler du service presse d’Orange pour m’avoir mis en relation avec Jean-Paul Maury, que je remercie également d’avoir bien voulu m’accorder cette interview.

 Un grand merci aussi à Laurent Gontier qui a réalisé l’interview avec moi.

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