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Billet de blog 23 mars 2015

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Valls des étiquettes : pour mieux s'accrocher au mirage...

Les élections départementales sont avant tout une élection locale. Alors je vais partir du local : dans mon canton, ce n'était pas forcément la joie. Sur cinq binômes candidats, il y avait le FN, Debout la France, un UMP/UDI (dont le maire d'une des deux principales communes du canton), un Divers droite (envoyé au casse-pipe par le maire de l'autre grande commune du canton, qui ne peut pas blairer le précédent. C'est bon, vous suivez ? Que c'est beau la politique, décidément... Même au niveau local) et un attelage Front de gauche/EELV.

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Les élections départementales sont avant tout une élection locale. Alors je vais partir du local : dans mon canton, ce n'était pas forcément la joie. Sur cinq binômes candidats, il y avait le FN, Debout la France, un UMP/UDI (dont le maire d'une des deux principales communes du canton), un Divers droite (envoyé au casse-pipe par le maire de l'autre grande commune du canton, qui ne peut pas blairer le précédent. C'est bon, vous suivez ? Que c'est beau la politique, décidément... Même au niveau local) et un attelage Front de gauche/EELV.

Un seul binôme de gauche, donc. Et pas de PS. Évidemment, pas de PS. Dans un petit canton comme le mien, même Dupont-Aignan peut trouver quatre candidats (les deux titulaires et les remplaçants), mais le PS ne le peut plus. Personne n'a voulu y aller. Je me demande même s'il y a encore des militants PS dans le coin. Rien que ce petit constat local en dit long, très long, sur l'état réel de cette formation. Surtout quand il n'est pas isolé : mon département (les Vosges) est découpé en 17 cantons ; et sur ces 17, le Parti socialiste n'a présenté de candidats que dans un seul. Un seul ! Dans toutes les Vosges. Un canton (celui de Gérardmer) d'ailleurs remarquablement pourvu en la matière, au passage, puisqu'il a même bénéficié de deux binômes estampillés PS. Sans doute pour rattraper le vide intersidéral des autres... Avec un résultat au-delà des espérances : dans ce canton historiquement à gauche (enfin, au PS...) depuis des lustres, le second tour opposera dimanche l'UMP au FN. Félicitations au PS local, qui aura vraiment battu un record de connerie (désolé, je ne vois pas d'autre terme). Oh, il y avait bien, dans le département, quelques "Divers gauche" officieusement soutenus par le PS. Très officieusement : la plupart n'ayant pas leur carte, les autres ne l'ayant plus (ils avaient été exclus pour dissidence lors des municipales...). Et il y avait aussi, ne soyons pas mauvaise langue, un binôme "Union de la gauche", avec le secrétaire départemental du PS. Sans aucun résultat probant. De toute façon, cela fait longtemps que les Vosges sont une terre de droite.

Mais je digresse. Revenons à mon canton à moi. Celui où la seule proposition de gauche est donc formée d'un binôme alliant PCF (donc Front de gauche) et EELV. Je n'ai pas trop l'habitude de voter communiste (je cherche des options un peu plus dynamiques et modernes, comme Nouvelle Donne) mais bon voilà, c'était la seule option de gauche. En plus, ce candidat PCF se trouve être mon voisin. Un voisin sympa. Alors va pour l'attelage PCF/EELV... Le moins que l'on puisse dire, c'est que mon voisin il n'aime pas trop la politique actuelle du gouvernement. Voire pas du tout. Comme l'ensemble du Front de gauche, en fait.

Jusque-là, rien d'étonnant. Mais à présent, je vais montrer comment cet exemple local illustre un tripatouillage d'ampleur nationale, et vous présenter le petit tour de magie du prestidigitateur Manuel Valls, repris par la quasi-totalité des instituts de sondage (excepté CSA). Mon voisin, comme il est allié à un autre parti que le sien (EELV), hé bien il est classé comme Divers gauche (DVG). Et les DVG, ils sont classés comme "de gauche", sans autre précision. Ensuite, ils deviennent "alliés du PS". Et, au final, ils sont ajoutés au score du PS par les sondeurs, et même par le ministère de l'Intérieur et Houdini-Valls.

Et voilà comment mon voisin, comme des milliers d'autres prétendus DVG, se retrouve à apporter ses 10 % de voix au PS au niveau national. Ce PS qu'il ne peut pas plus blairer que son parti. "Le PS résiste", a titré Libération pour faire écho aux rodomontades triomphales de Valls ? C'est vrai qu'en comptant comme ça, ça aide. En particulier à faire vivre le mirage, l'illusion, d'une défaite électorale amoindrie. Voire même, pourquoi pas, d'une authentique victoire. D'ailleurs, je propose de ne pas s'arrêter en si bon chemin et d'ajouter au PS les scores de l'UDI et de l'UMP. Après tout, c'est presque la même politique, non ?

Bravo M. Valls pour ce triomphe électoral !

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