Après la mort d'un homme à Marseille, le débat sur l'utilisation du Flashball "arme non létale qui tue" est relancé.

Le résident d'un foyer de Marseille victime d'un arrêt cardiaque dimanche 12 décembre après avoir accusé un tir flash-ball d'un policier est décédé.

 

Touché au thorax et en arrêt respiratoire à l’arrivée des secours, il avait été transporté dans un état critique, selon le rapport des marin pompiers. L'autopsie a révélé qu'il était décédé d'un "oedème pulmonaire" provoqué par l'arrêt cardiaque, lui même causé semble t-il par le tir.

 

A l’origine une querelle de voisinage dans un studio d'un foyer de travailleurs situé dans le 15ème arrondissement. La victime, connu des services de police pour de petits délits, avait causé une légère blessure par arme blanche à un autre pensionnaire et refusait de donner son couteau aux forces de l’ordre. Très agité, l’individu aurait jeté une grande tasse en verre sur la tête d’un policier, le blessant au sang. Celui-ci a riposté d'une décharge de flash-ball, à une distance non règlementaire que seul la légitime défense peut motiver. La distance minimum requise pour un tir de flash-ball est de 7 mètres. Le fonctionnaire a été hospitalisé et s’est vu poser quatre points de sutures. Aucune mesure coercitive n’a été prise à son encontre.

Cet incident relance le débat sur l'utilisation abusive ou justifiée du flash-ball :

 

La secrétaire National d'Europe Ecologie Cécile Duflot demande "un moratoire sur le flash-ball et le Taser". "c'est la deuxième fois en quinze jours qu'une arme non létale tue"

 

Le Parti Communiste a demandé "un moratoire de toute urgence". "Faisant suite aux nombreux accidents ayant entraîné des blessures graves depuis sa mise en service, le flashball, arme soit disant non létale, démontre aujourd'hui que son utilisation peut-être fatale"

 

Le député socialiste de l'Essonne Julien Dray a déclaré qu'il fallait 'sans attendre suspendre l'utilisation du flash-ball et reposer plus généralement la question des autres équipements de ce type, comme le taser"

 

Pour Olivier Henno, en charge des questions de sécurité au Modem, il faut "un débat approfondi et public sur l'utilisation d'arme de guerre ou dit non létales par les agents de la sécurité publique"

 

Pour le NPA Marseille, "il faut mettre fin immédiatement à l'utilisation du flash-ball, du Taser par la police"


La ligue des droit de l'homme des Bouches-du-Rhône a dénoncé "une arme qui mutile et qui tue" et posé "la question de son interdiction"

 

Amnisty International France (AIF) demande "que le cadre d'utilisation du flash-ball soit modifié pour que les forces de police ne les utilisent que dans le cadre du respect de la légitime défense pour soi et pour autrui"

 

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait dans un premier temps relativisé et appellé "à la plus grande prudence" : "j'ai encore en mémoire ce qui c'est produit il y a quelques jours :une personne qu'on avait présentée comme (...) ayant décédé des conséquence d'un tir de Taser, (...) l'analyse médicale a montré que très certainement cela n'était pas le cas"

 

 

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