L'OPNI (L'objet politique non identifié)

L’O.P.N.IOn connaissait l’ovni (l’objet volant non identifié) mais L’OPNI : inconnu au bataillon, néanmoins on pourrait qualifier L’OPNI comme un objet politique non identifié et dans le microcosme politique français on pourrait sans difficulté l’identifier à Nicolas Sarkozy.

L’O.P.N.I

On connaissait l’ovni (l’objet volant non identifié) mais L’OPNI : inconnu au bataillon, néanmoins on pourrait qualifier L’OPNI comme un objet politique non identifié et dans le microcosme politique français on pourrait sans difficulté l’identifier à Nicolas Sarkozy.
Dans la bataille de ces présidentielles, nous sommes à quelques encablures de l’arrivée, il y a dans cette course ou tout du moins dans cette régate plusieurs voiliers et catamarans qui voguent avec un vent arrière puissant. Un de ces capitaines de navire se distingue en tête, c’est le skippeur Hollande. Son catamaran (désigner son bateau comme un catamaran est juste car dans le symbolisme nautique, il a deux flotteurs, un à gauche et un à droite, certes c’est lui qui tient la barre au centre.
Donc, nous sommes à 8 jours du premier tour, il semblerait que d’après la météo le vent va s’arrêter de souffler et cette régate va devoir être gagnée par le bateau qui aura la plus forte encablure et voilure et si le vent ne se lève pas, le souffle des militants devra le remplacer pour le pousser jusqu’à la ligne d’arrivée.
Il semblerait que deux bateaux fassent la course en tête, celui d’ Hollande et celui de L’OPNI.


Penchons-nous maintenant sur la qualification « OPNI » (Objet politique non identifié), Sarkozy de son prénom Nicolas n’est pas à gauche, ça c’est sur ! Quoi que… il n’est pas à droite, quoi que… il n’est pas au centre, quoi que… alors il est où ? : Nulle part ! On donne la qualification de non identifié car il est très difficile de le situer ; apportons maintenant une certaine vision du Sarkozysme.
M. Sarkozy a assumé ouvertement “une ligne directrice suivie en catimini par ses prédécesseurs Mitterrand et Chirac : la banalisation française dans l’espace occidental et mondial”.
Chaque président a bien évidemment sa singularité, mais la personnalité de Nicolas Sarkozy a quelque chose d’exemplaire du point de vue de notre temps, elle a été perçue comme telle par l’opinion et elle se révèle déterminante à l’heure du bilan.

Donc Nicolas Sarkozy est Nicolas Sarkozy, tel que Napoléon le fut à Bonaparte, il me semble qu’il se ramène à trois composantes principales : une composante personnelle, une méthode de gouvernement et sinon un programme, du moins une ligne de conduite, sauf que sa ligne de conduite fut parfois sinueuse en revenant souvent sur ses prétentions.

Alors en découvrant, ou en levant le voile de la réelle identité de cette OPNI, je pense que le parti socialiste doit œuvrer dans une bataille non idéologique car sur le terrain de la dialectique on ne peut pas dans cette affaire là, guerroyer idéologiquement. Comment opposer une pensée sociale démocrate puisée dans le sens de l’histoire, chez Jaurès, chez Blum etc…? Alors que l’on a en face un personnage qui n’incarne aucune idéologie. Le sarkozysme c’est une idéologie tiré d’un nom, point barre.
A mon avis, il ne faut pas faire cette erreur, en faisant un scanner de cet OPNI on y trouve la traçabilité d’un chef d’entreprise, qui voudrait appliquer ses directives à son conseil d’administration qui est en quelques sortes, le gouvernement.En Nicolas Sarkozy, nous avons eu le premier président postmoderne.
Il incarne un individu avant tout privé qui n’a qu’un sens très relatif de ce qu’est la chose publique et de ce qu’est l’État. Dans un premier temps, sa parole libre, sa simplicité d’accès et son indifférence au formalisme ont séduit. Les choses se sont gâtées lorsqu’il est apparu que ce caractère direct et ouvert s’accompagnait d’une franche indifférence envers l’esprit de l’institution. Ce n’est pas le lustre de la monarchie républicaine qui est en cause, comme on l’a beaucoup dit. Les Français étaient mûrs pour un dépoussiérage de cette étiquette surannée. Le problème est plus profond. Il est que Sarkozy n’a tout simplement pas le sens de l’État.

Son comportement est typique de l’autoritarisme “sympa” que l’on retrouve un peu partout dans la société d’aujourd’hui. Il ne connaît que son inspiration personnelle. Il décide seul, en imposant ses foucades à coups de rodomontades. La réactivité et la détermination, qualités réelles face aux urgences, ont pour contrepartie des paroles en l’air et des initiatives intempestives. En cela, il est un personnage caractéristique de son temps. Le problème est que ce profil, qui peut faire merveille à la tête d’une entreprise, ne cadre pas avec ce qu’on attend des institutions républicaines.
Alors je dis et je conseille à l’opposition et à mes camarades socialistes de ne pas tomber dans le piège idéologique de l’affrontement mais plutôt de ne pas donner le quitus au PDG et de s’appuyer sur les revendications syndicales en menaçant cette entreprise d’une grève dure et illimitée qui fragiliserait les décisions de son conseil d’administration en lui ôtant de la productivité par l’arrêt du travail. (Le front de gauche tente cette manœuvre)

Ceci étant une piste, mais pour en revenir à cette régate et vu que le vent va s’arrêter de souffler, les poumons des militants des deux camps opposés vont devoir se substituer au vent arrière naturel. Pour savoir si quel est le vent qui va souffler le plus fortement sur la voile de l’un ou l’autre bateau, il faut d’une part ressentir les énergies militantes de chacune des forces en présence, en n’occultant surtout pas la motivation des militants UMP ( union pour un mouvement populaire, tout est dit dans le nom de ce parti qui n’en est pas un, dans UMP il y a union et populaire, alors dans UDR on avait union pour la défense de la république dans UDF, on avait union pour la démocratie française, une légère approche faite par Giscard de la démocratie sociale, on avait avec Chirac le RPR, rassemblement pour la république, et avec Sarkozy on a un appel au peuple qui se veut fort c’est dans tous ces leitmotiv que l’on trouve la pensée droitière sauf que dans celle de Sarkozy on en appelle à l’union d’un mouvement populaire, en quelques sortes du populisme à l’état pur, annexé à une tendance Bonapartiste.)


Alors il faut aussi se référer aux éléments qui ont été donné par le résultat des portes à portes, réalisés par les militants socialistes. Que de surprises ! Alors ils y en a qui disent, « dimanche prochain, je ne suis pas là, je vais conduire mes enfants chez les grands parents », ou alors « ça va changer quoi », d’un air désabusé. Ou bien « on aura plus de sous avec Hollande ? » ou encore « ils nous gonflent avec tous ces chiffres » , il y a eu aussi “Sarko y en a marre”

le résultat du porte à porte et qui, n’est pas encore fini, nous donne quand même une photo de l’électorat, il est à craindre qu’il va y avoir beaucoup d’abstention et que les électeurs se réservent pour le deuxième tour, alors là, je dis attention danger ! Car les extrêmes votent eux, ils sont civiques et engagés et plus le front de gauche sera élevé moins cela mettra en tête François Hollande.

La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité .

Pour finir ce billet, on pourrait poser la question :
La candidature “normale” de François Hollande est-elle un contrepoint, voire un antidote à “l’exceptionnalisme” du sarkozysme ?
Ce n’est pas par hasard si Hollande s’est imposé face à Sarkozy au moins comme un challenger redoutable et un possible vainqueur : il a frappé au défaut de la cuirasse en parlant du président “normal” qu’il entendait être, un président qui sait qu’il a été désigné pour l’exercice d’une fonction publique, et qui entend l’incarner sur un mode contrôlé et impersonnel. Non pas une star de cinéma qui met en scène son ego, mais un homme qui s’efforce de créer du consensus entre les citoyens pour mener une action en nom collectif. Si Hollande est élu, c’est à ce positionnement qu’il le devra pour une part essentielle. Au fond, cette campagne se résume à un match sur le style personnel des deux principaux candidats : c’est là encore un effet du sarkozysme.

Il faut qu’avec cette élection constater que les régimes collectivistes se sont effondrés ; les idéologies sont disqualifiées ; la mondialisation s’accélère de façon désordonnées et peut devenir anarchique ; l’économie de marché, devenue dominante, éprouve des difficultés croissantes à éviter les crises économiques ; les démocraties sont minées par l’exclusion sociale ; les individus, ayant perdu leurs repères collectifs, quêtent avec angoisse, valeurs et sens.
En conclusion, d’une part, comme disent les Chinois, il est des coups de massue qui rendent lucides : si nous, gens de gauche voulons remporter l’élection présidentielle de 2012, nous devrons aller uni au combat dès le premier tour. Mais n’est il pas trop tard ? Est-on vraiment rassemblé ? Avons-nous les mêmes objectifs ?
Imaginer que tel ou tel candidat ou candidate évitera la dispersion des voix à gauche entre les différents partis, provoquera le réflexe d’un vote “utile”, est un pari dangereux, une illusion entretenue par des sondages dont on connaît la volatilité… et la fiabilité.
Enterrer Nicolas Sarkozy trop vite est tout aussi illusoire. C’est un redoutable adversaire en campagne électorale, chacun le sait. C’est un des rares domaines où sa compétence n’a pas encore été mise en doute.

 

Une époque s’achève.
Une autre commence.
Elle est riche de promesses.
Elle est aussi lourde de menaces.

Elle exige des approches novatrices, tenant compte de l’expérience historique accumulée et des défis nouveaux. Alors il faut écrire la suite avec François Hollande en votant pour lui .

 

Mais surtout l’électeur dans le secret de l’isoloir ne doit pas avoir peur de ce changement , en parlant vulgairement faut pas se “dégonfler”car s’il a peur du changement alors soit il votera pour l’opni en se disant là on sait au moins ou votera blanc ou n’ira pas voter là est tout le danger alors faut convaincre , convaincre encore convaincre

Alors nous vous donnons rendez vous la semaine prochaine pour un état des lieux qui sera à la limite d’une analyse métaphysique et éventuellement donné par un pronostic.

 

A bientôt donc
Votre dévoué
Nicolas HUET.

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