Ce matin, je me rends à mon travail en métro, sur la ligne 9 qui traverse le centre de Paris, le 16eme jusqu'à Boulogne.
Entrent dans le wagon deux jeunes gars, habillés en uniforme de banquiers d'affaires (costume sombres, chaussures neuves impeccables, chemise blanche et cravatte chic et discrète, montre absolument hors de prix affichée l'air de rien, sacoche Hermès nonchalemment en bandoulière). Ils se mettent à parler très très fort en Anglais, sûrs qu'en tant qu'êtres supérieurement riches et supérieurement intelligents, personne ne les comprendrait, et en meme temps très tentés de montrer à l'ensemble des voyageurs de la rame à quel point leur statut d'appartenance à la caste supérieure leur permet d'ignorer la présence des autres.
L'un expliquait, en hurlant donc, à l'autre comment il avait gagné 15 millions d'Euros sur la journée d'hier, par un placement impliquant plusieurs sociétés, plusieurs pays, plusieurs montages. Il n'avait pas plus de 30 ans. On peut dire un jeune con. Apparemment la confidentialité et la discrétion qu'impose normalement son métier ont été moins forts que son envie de frimer, persuadé que ce gain de 15 millions d'euros mis en sureté là où il faut était un acte héroique imputable à sa supériorité naturelle et à son génie.
Comme quoi pendant, les travaux de moralisation et de transaparence, le business continue comme d'habitude