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En tenant pour valide le troisième référendum sur l’autodétermination, pourtant boycotté par les indépendantistes, en rouvrant le dossier des listes électorales, en judiciarisant avec outrance les luttes, Macron a joué les intérêts géopolitiques de la France dans le Pacifique (selon lui) contre les droits des Kanak.
La dernière colonie de peuplement de l’État français demeure la Nouvelle-Calédonie. Alors que les accords de Nouméa et de Matignon emmenait l’île vers un processus historique d’indépendance partagée entre Caldoches et Kanak, les Loyalistes et le président sabordent les efforts de rééquilibrage au bénéfice des Kanak entrepris depuis trois décennies. Efforts pourtant bien insuffisants, tant les injustices sociales persistent et la mauvaise volonté des Loyalistes s’affiche, exacerbée par un racisme toujours aussi fort.
Pourtant, c’est la seule méthode qui semblait envisageable pour ne pas reproduire le drame de la décolonisation algérienne : la violence, la guerre et ses horreurs, les morts et le retour des colons au pays. Les Kanak avaient tendu la main aux colons, et ceux-ci ont craché dedans. Le seul point positif actuel et le rapprochement de certains non-Kanak des indépendantistes, estimant eux aussi qu’il n’y a pas d’avenir pour la Kanaky au sein du bourbier autoritaire français.
Dans l’immédiat, le président et son gouvernement colonialiste doivent libérer les prisonniers politiques du CCAT et ordonner le retour sur l’île sans condition de ceux emprisonnés ou sous contrôle judiciaire en métropole.
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Ils doivent obliger les Loyalistes à mettre en œuvre l’entièreté des accords signés et mettre en place les conditions d’un nouveau référendum dont l’issue favorable à l’indépendance doit être promue. Quant aux Loyalistes radicaux, ils peuvent se préparer à un retour en métropole inéluctable, tant leur façon de concevoir les liens entre les différentes communautés résidant en Nouvelle-Calédonie est incompatible avec les droits des Kanak à s’autodéterminer.
Macron se comporte sur ce dossier là encore comme le pire des politiciens du « monde d’avant », autoritaire, méprisant les citoyens, le droit international et la démocratie. Ses velléités de grandeur de la France dans le Pacifique entre les mastodontes chinois et états-unien feraient sourire si elles n’étaient pas les signes évidents d’une folie des grandeurs commune à ceux qui exercent le pouvoir dans les Nations-États.
Ce billet d’humeur doit sa genèse à la lecture de l’essai passionnant de Benoît Trépied, Décoloniser la Kanaky-Nouvelle-Calédonie, Anacharsis, 2025. J’espère que Macron et Valls se sont jetés dessus dès sa sortie, mais j’en doute fort vu la vacuité de leurs actions.