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Billet de blog 19 avril 2010

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lost in singapour

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Singapour, 16 h 44. dans quinze minutes le bureau de klm air france devrait ouvrir au terminal 1 de l'aeroport changi. depuis samedi minuit 30 les hotesses repetent inlassablement aux nouveaux arrivants frustres de ne pouvoir rentrer chez eux qu'elles ne peuvent rien faire sinon informer au'il est impossible de se rendre en europe. il faut que les voyageurs contactent les centres d'appel des deux compagnies a singapour. sont-ils a singapour d'ailleurs? un jeune membre du staff qui apprend la gestion de crise m'apprend qu'ils sont a sydney. Mais sont-ils a Sydney? J'appelle. Personne ne repond. e silence, juste le silence. La belle transparence et fluidite du trafic aerien mondial a laisse la place a une opacite etonnante a l'image de ce nuage qui va bientot remplacer celui du triste 11 septembre. le nuage si lointain et si present. Volcano ashes. Les differents groupes de voyageurs qui se succent au bureau de klm acceptent leur sort avec fatalisme. ils quittent rapidement le hall pour un hotel dont la compagnie a fourni une liste (le four seasons, le hyatt, le ritz, j'en passe). la hantise des areoports est de se retrouver avec des masses de voyageurs dans les terminaux. pour l'instant prime la discipline. Chacun semble se resigner au fatum volcanique. Les cendres dictent leurs lois. On ne peut rien y faire. Peu de colere, peu de mecontentement. Sauf force majeure (telle cette suissesse qui doit rentrer pour des soins, ce couple qui a laisse son enfant a la maison) les voyageurs ne sont peut-etre pas si mecontents de rester bloques loin de chez eux. Aujourd'hui Lundi je rencontre un couple de polonais. Nous avons dormi ensemble sur la moquette de l'aeroport. Ca cree des liens. A 11h20 un officiel de l'aeroport vient nous chercher pour nous amener dans des salles a l'etage. Il ne faut pas que le bel ordonnancement de l'aeroport soit perturbe par des corps allonges le long des murs. D'autres voyageurs pourraient les rejoindre. Attention danger. J'ai l'impression d'etre une bete enragee qu'on cherche a eloigner du troupeau. La leproserie est sommaire. Une salle vide. dans un coin: des sachets de burger king. Plus tard dans la journee on nous propose de rejoindre un hotel: je refuse. mes "amis"polonais acceptent. je me retrouve dans une immense salle de 70m2 seul, eclaire par les seuls neons. quand l'aeroport se metamorphose en antre de la folie....

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