Nicole BOUCHETON
Abonné·e de Mediapart

11 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 févr. 2012

Proposition 21 de François Hollande : vers une légalisation de l’euthanasie ?

« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. ».

Nicole BOUCHETON
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. ».

 Plusieurs réactions dans les médias :

« euthanasie qui n’ose pas dire son nom … formulation ambigüe… précautions oratoires … mesure déclarée un peu vite… etc… »

 Bien sur que c’est d’euthanasie dont François Hollande parle !

 Et sa façon de dire, du moins je l’espère,  n’est pas due à une peur d'effrayer. Simplement, M. Hollande appartient à la sphère politique. Son vocabulaire n’est pas forcément le même que celui d’un mouvement philosophique.

 « euthanasie » = « bonne mort » : c’est le mot employé, reconnu, internationalement pour ce qu’il signifie,  par les personnes qui estiment qu’elles sont en droit d’avoir la liberté de choisir la meilleure façon pour elles de finir leur vie .

 Mais aujourd’hui en France , le mot euthanasie est galvaudé : on parle d’un pitbull euthanasié car il a agressé une personne. C’est loin d’être la « bonne mort » puisqu’il s’agit là de protéger la société en exterminant un danger.

 Alors, si le mot « euthanasie » est devenu un gros mot, tout comme « avortement » en son temps, pourquoi ne pas employer un mot ou une expression qui ne serait pas un signe de frilosité mais au contraire une volonté de bien se faire comprendre.

 Lorsque Simone Veil a porté la loi dépénalisant l’avortement, dans aucun des 16 articles le mot « avortement » n’est mentionné. Il est question d’ « interruption volontaire de grossesse ».

 Alors :

Jacques Pohier, écrivain-théologien, préférait parler de « mort opportune ».

Le Dr. Senet, qui revendique avoir pratiqué des euthanasies sur des patients le lui ayant demandé, parle d’ IVV, « Interruption Volontaire de Vie »  (…cela ne vous rappelle rien ? ).

D’autres parlent d’ « aide active à mourir » ou encore d' « euthanasie volontaire».

Et pourquoi pas d’ « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » ?

 Toute cette terminologie revient au même concept : choisir son parcours de fin de vie, en pleine conscience, lorsque tout espoir thérapeutique a disparu, lorsque les souffrances ne sont plus supportables.

 Et ceci doit passer par le législateur pour inscrire dans le marbre la liberté de choisir sa propre fin de vie car il ne s'agit pas seulement d'un problème médical mais avant tout d'un problème citoyen.

 Choix philosophique, libre arbitre, mais aussi liberté, égalité, fraternité devant la mort.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Climat : militer dans l’urgence
Une quinzaine de départements français sont touchés par la sécheresse, dix ont déjà dépassé le seuil d’alerte. On en parle avec Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, Cécile Marchand d’Alternatiba et Les Amis de la Terre, et Julien Le Guet, du collectif Bassines non merci.
par À l’air libre
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon