Dexaméthasone et coronavirus : quelle découverte!

Dexaméthasone et coronavirus : la médecine anglaise et l’OMS semblent découvrir les traitements symptomatiques.

Depuis quelques jours on peut lire dans les journaux que grâce à la merveilleuse étude RECOVERY, certains médecins anglais ont fait une découverte majeure, la dexaméthasone, médicament dit « corticoïde », synthétisé en 1957, permet de « sauver des vies » chez les patients présentant des cas graves dus au nouveau coronavirus :

https://www.theguardian.com/world/2020/jun/16/steroid-found-to-help-prevent-deaths-of-sickest-coronavirus-patients

L’OMS renchérit, découverte majeure !

On peut lire dans les journaux français que, du coup, les médecins « auraient le droit de prescrire » la dexaméthasone dans les cas graves !

On avait pourtant appris beaucoup de choses sur le nouveau virus. Nous sommes tous devenus des experts, d’ailleurs nous ne parlions plus que de cela.

Il y a d’abord quelques pistes sur ce qui protège du corona, sans doute en renforçant l’immunité : BCG, vitamine D, Zinc par exemple…

Nous avons appris que certains médicaments pouvaient fonctionner au début de la maladie avec une action proprement anti-virale, anti-corona, donc des traitements qui soignent un peu, des traitements curatifs.

Après cette première phase, on avait compris que dans les cas graves, le problème n’était plus le virus lui-même, mais éventuellement une surinfection bactérienne, on donne alors des antibiotiques qui traitent non le virus, mais la surinfection.

Dans les cas nécessitant une hospitalisation pour difficultés respiratoires, on utilise l’oxygène, traitement symptomatique…

En toute logique statistiquo-randomisé-double aveugle… on aurait peut-être dû faire des essais avec l’oxygène contre placebo pour en faire la «preuve » de l’efficacité. Le cynisme n’est pas allé jusque là, pas encore…

Et puis nous savions aussi que dans les cas graves, quand l’immunité du patient se mettait à hyperfonctionner, on avait affaire aux fameux « orages cytokiniques ». Et là, bien sûr le traitement de choix, ce sont les corticoïdes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Choc_cytokinique

Traitement symptomatique, qui réduit le symptôme orage de cytokines, avec cependant une certaine difficulté qui est que les corticoïdes, comme dans une moindre mesure les autres anti-inflammatoires, peuvent aggraver une infection.

Donc beaucoup de médecins, dans beaucoup de services, dans beaucoup de pays, ont donné, donnent un corticoïde pour aider à traiter les cas graves.

 

Quelques questions :

Comment oser dire qu’il s’agit d’une découverte ?

 

Si l’on comprend bien le principe des essais contre placebo, les médecins de RECOVERY ont fait un « bras » sans dexaméthasone ? C’est pour le moins, un problème éthique.

Il est vrai qu’il semble difficile pour l’instant d’avoir accès aux données de l’essai.

 

Jusqu’où irons nous, à oublier tout ce que nous avions compris, par une sorte de soumission aveugle à la Science Médicale ?

Science médicale, evidence based medecine, médecine basée sur les preuves, toute cette science autoproclamée, qui a tout d’une idéologie basée sur une croyance dans les nombres… Dans une vision computorisée de l’être humain…

 Et enfin, quelle est la part des conflits d’intérêts (pour faire soft) dans ces essais ?

Là aussi, tout est accessible en ligne, il suffit de chercher...

 

 

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