Je n’ai jamais été interrogée pour un sondage. Si un jour on m’appelle, je réponds : « Cela ne vous regarde pas ».Rêvons : tous les citoyens font ainsi. Personne n’accepte plus de répondre. Cela ne coûte pas un euro et ne demande pas vraiment un grand courage. C’est même très facile. On pourrait, de la même façon, ne plus jamais aller au Mac Do mais c’est une autre histoire.

 Les sondeurs trouveraient d’autres biais. Ils ont déjà les moyens de savoir pour qui on vote à la couleur de notre nez ou à l’âge de notre grand-mère. D’ailleurs, ça marche. Les sondages sont partout et pour tout ce qui se vend utilisés comme une prévision. Mais au moins, on ne pourrait plus afficher qu’il s’agit de sondages.

En politique, nous savons que le sondage ne prédit pas l’avenir, seulement, c’est un savoir quasiment impossible à intégrer. Le sondage fonctionne comme un supplice de Tantale : il nous fait désirer ce que nous ne pouvons pas avoir, les résultats d’une élection.

 Donc, on ne répond pas. Pour le croustillant de la campagne et l’intérêt qu’elle suscite, on peut compter sur les acteurs, ils savent assez bien nous distraire.

 Et c’est là qu’on reverrait la France éternelle et sa dimension universelle. Les Français ne font plus de sondages pour les élections, la population a refusé. Il est devenu impossible, dans ce pays de rouspéteurs d’obtenir la moindre intention de vote. Tous ?... Oui, oui.

 Après quoi, on irait voter selon ce que l’on veut et non selon ce que l’on croit ou craint. Ce serait déjà pas mal.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.