POURQUOI LES POLITIQUES FONT DE GRANDS MEETING. ANALYSE DE LA BETISE A TRAVERS UNE HISTOIRE DE VIOLON

 

 

Par Théophraste R.

Vous connaissez peut-être cette histoire vraie : un violoniste joue dans le métro de Washington. Dans la foule nombreuse qui passe, sept personnes s’arrêtent pour l’écouter un temps, une vingtaine environ lui donne de l’argent sans trop s’attarder. Il récolte 32 dollars.

de-d081f.jpg Le musicien est Joshua Bell, un des meilleurs du monde. Il interprétait là, sur un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars, des partitions les plus difficiles jamais écrites. Quelques jours plus tôt, il se produisait à guichets fermés dans un théâtre de Boston. Le prix moyen des places était de 100 dollars. Le Washington Post qui avait organisé cette expérience et qui la raconte le 12 janvier 2007 en tire les conclusions qu’il veut. Voici les miennes : devant un inconnu qui s’exprime, le gros de la foule passe sans même chercher à entendre. Mis sur l’estrade d’un théâtre, loué par les critiques, le même homme est, au moins, écouté. Voire ovationné.

Transposez cette histoire avec un intellectuel, un comédien, un homme politique boudés par l’intelligentzia qui fait l’opinion. Ils peuvent avoir du génie mais, hors des grands médias qui réunissent des millions de badauds pour entendre surtout des imbéciles, ils resteront des joueurs de rue pour maigre public. Sauf si ce dernier rameute amis et connaissances et si leurs vivats font trembler les vitres du siège du Parti de la Presse et de l’Argent.

C’est là qu’Internet peut contribuer à changer les choses. Cela s’est déjà vu.

Théophraste R.
(Chef du service « On connaît la musique », bureau : « Repérage des joueurs de pipeau »)

 

legrandsoir.info

 

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