Coup de poing dans la figure des Français

Macron poursuit sa politique de provocation vis-à-vis des Français

Je lis dans le Parisien, ce matin :

Le 1 janvier 2020 à 21h43, modifié le 2 janvier 2020 à 00h53

En pleine mobilisation contre la réforme des retraites, cette nomination ne passe pas. Le patron de la branche française du géant américain de la finance BlackRock a été élevé au rang d'officier de la Légion d'honneur. Jean-François Cirelli figure en effet parmi les personnes de la promotion civile de la Légion d'honneur du Nouvel An cette année. Ce qui a eu le don d'agacer les opposants à la réforme des retraites, qui accusent la société BlackRock de vouloir l'influencer à son avantage.

L'annonce n'a pas manqué de faire réagir les syndicats, CGT en tête. « 1er Janvier 2020, Jean-François Cirelli, le patron français du plus grand fonds de pension du monde BlackRock France nommé, par EMMANUEL Macron, au grade d'officier de la Légion d'honneur… TOUT UN SYMBOLE ! », a réagi le syndicat sur Twitter, où la nouvelle était abondamment commentée.

Ce n'est ni un hasard, ni une maladresse mais une PROVOCATION. Macron se moque ouvertement des Français, y compris ceux qui l'ont élu par défaut (et dont je ne fais pas partie, le trouvant d'emblée parfaitement immoral dans sa vie privée, ce qui en dit déjà long sur le personnage; il n'y a pas d'un côté l'homme et de l'autre le politicien, c'est un tout). Alors que nous avons tous bien compris qu'il mène une politique de régression sociale TOTALE, voilà qu'un agent de l'étranger figure dans la liste des décorés de l'An neuf. Agent de l'étranger, je le répète : comment appeler autrement un pantouflard (français, paraît-il), représentant d'une société financière américaine prête à dévorer les maigres ressources des travailleurs dans le cas où à cause de cette réforme des retraites, ils se verraient contraints d'essayer de protéger leurs vieux jours en contractant une assurance privée et en prenant le risque, bien évidemment, de perdre toutes leurs économies en cas de crise boursière comme celle de 2008 ?

La France va-t-elle, petit à petit, se faire grignoter par l'économie des Etats-Unis dont le modèle, Trump y compris, a tant ébloui le provisoire locataire de l'Elysée ? L'anglais a déjà, malgré la Loi Toubon, envahi en force notre langue, réalisant après plus d'un siècle le voeu formé en 1873 par Ulysse Grant, président des Etats-Unis : "Comme le commerce, l'éducation et le transfert rapide de la pensée et de la matière par le télégraphe et la vapeur changent toute chose, je suis porté à croire que le Créateur s'occupe de faire du monde une nation unique, parlant une langue unique, une réalisation qui rendra désormais inutiles les armées de terre et de mer." A quelques contre-vérités près  - le "Créateur" ne s'occupe de rien du tout; si tant est qu'il existe, il se contente d'observer; et les armées, loin d'avoir disparu à travers le monde, sont dotées de financement toujours plus exorbitant (surtout aux Etats-Unis) quand partout le financement de l'éducation se réduit de plus en plus - Grant a vu juste, la langue unique dont il rêvait pour le monde entier (l'anglais des Etats-Unis, bien sûr) grignote bel et bien les langues de tous les peuples, de même que le néolibéralisme contamine et phagocyte toute pensée proprement politique, rouleau compresseur qui écrase les perdants du système (la majorité des êtres humains du monde) comme les chars de Tiananmen ont écrasé les étudiants contestataires de 1989.

L'histoire retiendra que le néolibéralisme, en France, a pris la figure d'un président sans expérience autre que celle de la finance pour qui le but de la vie est de faire de l'argent, de devenir milliardaire, au rebours de toute tradition philosophique, toute tradition humaniste, un président qui procède à la désintégration, à la pulvérisation de notre société, de notre histoire, de nos traditions, de notre peuple, de notre pays, contrairement à ce qu'il voudrait qu'on croie, un président robotisé, manipulé par plus riche que lui, un président sans foi ni loi, et surtout sans humanité.

 

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