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Billet de blog 4 janv. 2020

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En béton !

La modernisation de l'Elysée continue. Le président travaille maintenant sur une table en béton, signée s'il vous plaît.

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En béton !

Non, je ne parle pas des arguments (en béton) que Carlos Ghosn va déployer pour sa défense (en béton) au cours de sa conférence de presse pour justifier sa présence au Liban après son escapade.

Je parle du nouveau bureau du président de la République française, une table de béton signée Francesco Passaniti (nous sommes bien aises de l’apprendre, et d’apprendre « en même temps » que les journalistes du Figaro ne connaissent pas l’orthographe du nom de l’artiste (artiste ?) en question, qui ne prend pas deux « t »). Cette table, arrivée dans un camion de transport de pianos à queue, et qui figure en photo dans le Figaro magazine (article d’une ci-devant, photo d’une ci-devant … bien évidemment), folie des grandeurs oblige, fait 3,50 m de large ! Le piano à queue sera pour la prochaine fois (on sait que dans sa jeunesse  le président obtint un troisième prix de piano au conservatoire d’Amiens). Un Steinway, de préférence.

On remarquera en lisant le début de l’article qu’une grande place est faite à ces « riens » (des déménageurs) qui, ce 19 décembre 2019, se sont cru dans une cour de récréation et s’interpellaient alors qu’ils transportaient le chef d’œuvre, et que le président se concentrait sur une séance de négociation des plus importantes avec le premier ministre et les syndicats. Donc Le président entame l’année avec un bureau neuf, parfait pour la transition écologique. On s’en serait douté. Mais voyons ce qui est dit du béton sur Internet :

« Le Béton est fait à partir de ciment, qui nécessite un traitement industriel lourd (fours à cimenterie à 1800 ° C) et polluant (l’industrie cimentière est à l’origine de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ».

« Comme l’a rappelé un récent article de France Info, l’omniprésence du béton pose des questions écologiques. Considéré comme étant la deuxième ressource la plus utilisée après l’eau, le béton consomme énormément de ressources. En effet, celui-ci est composé de sable, de graviers, d’eau et de ciment. Le béton est anti-écologique, entre autres à cause du ciment, dont la production frôlant les 4 milliards de tonnes par an consomme de grandes quantités d’électricité et de fioul. En réalité, la contenance en sable du béton pose davantage de problèmes. Une étude publiée en 2017 estimait que le sable est une ressource surexploitée, destinée à devenir d’ici peu une denrée rare. Selon l’étude, 11 milliards de tonnes de sable marin auraient été extraites des océans en 2010, et ce rien que pour le domaine de la construction ! Les effets sur l’environnement sont désastreux, notamment en ce qui concerne la biodiversité ».

Un catalogue des œuvres de l’artiste ( ?) cité plus haut figure sur la Toile, hélas sans prix affichés.

Les mauvaises langues vont dire qu’après la belle porcelaine  de la Manufacture de Sèvres, la moquette de la Salle des Fêtes de l’Elysée, la piscine de Brégançon, ce bureau a aussi coûté « un pognon de dingue », mais quand on aime, on ne compte pas. Et il faut laisser une place dans l’Histoire, donc au moins celle-là. Je vois d’ici une visite guidée de l’Elysée lors des Journées du Patrimoine de 2120 « le Président Emmanuel Macron travaillait sur cette magnifique table de l’époque de la transition écologique, avant la Révolution des Retraites».

La modernisation de l’Elysée passe par ces dépenses, tenez-vous le pour dit. Foin des vieilleries, des antiquités, des vieux tableaux (non, je ne sous-entend rien). Il faut donner un coup de jeune au vieux palais ! Je ne conseillerai pas au président, tout de même, de piquer une colère et de taper du poing sur la table, même si les Français, ces Gaulois réfractaires au changement, se montrent insensibles à sa pédagogie de l’universel.

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