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Nicole Péruisset-Fache

Professeure agrégée honoraire, Docteure de l'Université de Rouen, Qualifiée aux fonctions de maître de conférences, Chercheure en sciences humaines indépendante, poète à ses heures

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Billet de blog 5 octobre 2021

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Cantique d'une reine déchue, Poème du soir

En l’absence des vivants, reine déchue d’un domaine disparu, j’erre en grand désarroi parmi les ruines des vastes salles de ma jeunesse, hantées par les artistes, poètes, musiciens qui, aujourd’hui, d’outre-tombe, murmurent dans le silence de ma détresse, les paroles oubliées des jours de fête et de joie, célébrés ensemble, toi et moi.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cantique d’une reine déchue

 En l’absence des vivants, reine déchue d’un domaine disparu, j’erre en grand désarroi parmi les ruines des vastes salles de ma jeunesse, hantées par les artistes, poètes, musiciens qui, aujourd’hui, d’outre-tombe, murmurent dans le silence de ma détresse, les paroles oubliées des jours de fête et de joie, célébrés ensemble, toi et moi.

 Chaque jour à tes côtés m’était diamant brut offert par la vie, sourire ensoleillé sur le paysage. Je savourais avec gourmandise, seconde après seconde, ta présence adorée, ô mon roi, mon époux, mon dieu, mon amour. Je rendais grâce au ciel pour la chance sacrée de vivre, de t’aimer, d’être aimée de toi, pour le destin que les fées m’avaient réservé, la rencontre de ton être, de ta douceur, de ton âme. Mes poèmes psalmodiaient des cantiques en ton honneur, pour garder mémoire des instants précieux et fragiles, de la beauté de ton corps d’Hermès, de notre bref passage ici-bas, de notre profonde communion de couple romantique.

Je connaissais déjà la venue impromptue de la vieille femme édentée, impitoyable, qui moissonne ceux qu’elle montre du doigt, je l’avais déjà rencontrée.

Chaque saison nous distribuait à n’en plus finir des pépites de la beauté du monde, qu’on n’achète pas, le chant des oiseaux, les fleurs du printemps, le feu à l’âtre l’hiver, les feuilles mordorées qui dansent dans la lumière d’automne, les jours sans fin de l’été, jours de danses et de rires, où l’on oublie que nous attend l’éternité au vieux cimetière du village.  

Puis, soudain, sous mes pas, la terre a tremblé, le rêve s’est écroulé, mon château n’était que de cartes, et quand je me suis réveillée, tu étais parti en autre pays, les ronces avaient envahi l’ancien palais. Alors commença pour moi l’inexorable exil des poètes, seule en un monde sans rhapsodie, sans amour, sans toi.

5 octobre 2021 Aimée Saint-Laurent ©

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