« Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! »
Stéphane Mallarmé
Le goût de vivre
Combien de journées encore d’impénétrable silence
Pour alourdir ce cœur déjà prêt à sombrer ?
Oh rompre toutes amarres ! Embarquer sur le premier navire en partance !
Jeter parmi les algues flottantes les chagrins dénombrés
Et sourire, visage posé contre le bastingage, juste pour l’horizon
D’où vient le vent qui apaise de trop brûlantes visions !
Clore les paupières pour fuir le souvenir des continents !
Se laisser bercer par la houle grisante de tant de tristesse
Et ne plus espérer au-delà de ces moments
Qu’un rayon de soleil qui réchauffe comme une ivresse !
Oublier que si certains nuages passent au-dessus des vagues
La mer prend de vos yeux la couleur d’ardoise, celle que je donnai à mes bagues.
15 janvier 1981