« Worte wie Blumen »
Hölderlin
Pays des Merveilles
Toi l’absent très cher aux joies étrangères
Savais-tu comme les mots qui voyagèrent
De ta pensée à ta main, aux marges du livre offert,
Me guideraient, étoiles dans le soir, demain autant qu’hier,
Que de mes jours sans toi, ils feraient pages éphémères,
De mes chagrins pour toi, larmes passagères,
De mes rêves d’adolescente, continent redécouvert ?
Savais-tu comme de mes horizons troublés qu’ils traversèrent
- Car tu survins avec force d’orage, brûlure d’éclair –
Ils feraient rivages d’Eden, matins d’azur, vision très claire ?
Savais-tu que de mes paysages, comme marqués au fer
Par le sceau de ton être, ils feraient jardins de Babylone si verts
Qu’on jalouserait leurs roses et leurs oiseaux bien au-delà des mers ?
13-14 juillet 1992
Aimée Saint-Laurent ©