« Mon cœur est un palais flétri par la cohue,
On s’y soûle, on s’y tue, on s’y prend aux cheveux ! »
Baudelaire (Causerie)
« Non, elle est générale, et je hais tous les hommes. »
Molière (Le Misanthrope, I, 1, 118)
Champ de bataille
Ah tous ces rêves brisés, tous ces morceaux épars
Eclats de verre si brillants que je les pris pour diamants
Avatars d’espoirs échevelés qui furent grisants
A présent abandonnés, gisants, dans mon âme à feu et à sang !
Jeux dangereux, défis lancés à l’assaut des brisants
Ont eu raison d’un cœur que vous croyiez vaillant.
Lasse des atermoiements, des faux-semblants,
De vos pleurs et de vos chants,
Je vous en remets aux caprices du vent.
Quant à moi, je selle mon cheval le plus fringant, et je pars.
8 janvier 1992 Aimée Saint-Laurent ©