Oriflammes de la mémoire
Les oriflammes de la mémoire flottent aux vents de l’espoir, tandis que nous attendent peut-être, ensemble, là-bas, aux sables de la plage les vagues des souvenirs disparus. Souvenirs cruels des soldats de 1942 surgis de l’horizon pour bouter hors de France l’occupant étranger. Vaillants soldats tombés encore adolescents sous les balles ennemies, à jamais endormis sous la terre de Normandie. A vous, l’indicible bonheur d’antan que nous vous devions, en hommage. Souvenirs pieux du sang versé effacé par les marées, chassés de leurs pensées par les vivants pressés.
Souvenirs joyeux des beaux jours de juillet, où nous nous jetions, toi et moi, à corps perdu, éblouis, parmi les étoiles que le soleil fait danser sur l’eau au rythme de la houle. Souvenirs de la gaieté des foules de l’été par les rues de la ville, quand l’amour flamboyait, insolente liberté en nos cœurs, et rayonnait sur nos visages.
Les oriflammes de la mémoire flottent aux vents de l’espoir, tandis que nous attendent peut-être encore au sablier du temps d’autres journées d’azur vécues à deux, voyages enchantés aux heures de soleil, champs de blé constellés de bleuets, nuits parsemées d’or, insensés vols de mouettes rieuses au-dessus des flots, tandis que s’effeuillent les années, et que, vers le sud, par les nuits sans lune, brillantes, immobiles, muettes, Orion et Bételgeuse, traversent les myriades de millénaires de l’Univers.
9 octobre 2021 Aimée Saint-Laurent ©