(Le Taj Mahal, « une larme sur la face du temps »)
Voyage d’une Occidentale aux Indes orientales
Delhi, Mandawa, Bikaner, Gajner, Jaisalmer, Jodhpur, Luni, Ranakpur, Udaipur, Chittorgarh, Bijaipur, Bundi, Jaipur, Amber, Fatehpur Sikri, Agra, Taj Mahal, noms chargés comme caravanes de marchands à travers le désert du Thar, des couleurs, de l’encens, des cachemires, des soieries, des épices de l’Inde ensoleillée, de son glorieux passé, de ses Dieux, de ses rois, de leurs amours et de leurs guerres.
Ta présence dans chaque lieu, les temples, les mosquées, les cénotaphes, les mausolées, les palais, les rues de villages, les marchés des villes, les jardins près des lacs, du lever au coucher du soleil, ta parole, ton rire, ton sourire, me furent, en silence, plus fabuleuse richesse que les trésors des maharajas, de leurs maharanis, de leurs concubines.
Je n’aurais pas échangé, contre une de leurs plus lourdes émeraudes, contre un de leurs plus rutilants rubis, contre le Kohinoor même, un seul court moment partagé avec toi, un seul instant passé à t’écouter conter des histoires merveilleuses, à respirer près de toi l’air de ton pays, à lire dans ton regard le présent et l’avenir de l’Inde, à laisser entrer, dans mon cœur de vieille dame, la joie simple de seulement te savoir là. Méritais-je si belle offrande de la Vie?
J’ai cueilli le bonheur de chaque jour, je suis riche de l’éphémère. Que le marbre blanc du poème métamorphose ces instants en sourire sur la face du temps !
Février 2012 Aimée Saint-Laurent ©