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Nicole Péruisset-Fache

Professeure agrégée honoraire, Docteure de l'Université de Rouen, Qualifiée aux fonctions de maître de conférences, Chercheure en sciences humaines indépendante, poète à ses heures

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Billet de blog 11 janvier 2023

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Ma vraie richesse, mon plus cher trésor

Ce sont mes jambes pour marcher, solitaire, par les chemins de terre et, il fut un temps, arpenter le monde. C’étaient mes jambes pour courir au-devant de toi et me jeter dans tes bras

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Ma vraie richesse, mon plus cher trésor

Ce sont mes jambes pour marcher, solitaire, par les chemins de terre et, il fut un temps, arpenter le monde. C’étaient mes jambes pour courir au-devant de toi et me jeter dans tes bras

Ce sont mes yeux pour contempler la beauté simple d’une fleur, d’un arbre, d’un oiseau, la campagne, le ciel et la mer. C’étaient mes yeux pour admirer ton corps de dieu grec, l’Hermès de Praxitèle

Ce sont mes oreilles pour entendre la chanson du vent et de la pluie, le vacarme des vagues et des tempêtes, la complainte d’un violon au coin d’une rue. C’étaient mes oreilles pour t’écouter chantonner une ritournelle sous la douche, et me parler, prononcer pour moi des mots tendres, c’étaient mes oreilles pour chérir ta respiration dans ton sommeil, comme lors de notre dernière nuit passée ensemble pour ne jamais l’oublier

Ce sont mes narines d'animal sauvage pour humer l’air iodé venu du large, le discret parfum des violettes en avril, la somptueuse fragrance des roses du jardin. C’étaient mes narines pour m’enivrer de l’odeur douce de ta peau nue, de ton eau de Cologne

C’étaient mes lèvres pour les poser sur les pétales de tes paupières et de tes lèvres, mes doigts pour effleurer avec ferveur ton visage tant aimé, mes mains pour que tu les serres dans tes belles grandes mains d'artiste

C’étaient mes bras pour les parer de mes bracelets d’amante captive, pour les nouer en arabesque autour de tes épaules, t’enlacer et me blottir contre toi

C’était ma vie donnée en offrande à Celui que tu étais, que j’aimais comme jamais je n’avais aimé, pour l’éternité

Ma vraie richesse, mon cher trésor, c’était l’Amour que tu m’avais promis pour toujours, que tu écrivais avec une majuscule et qui, en l’espace d’un matin, s’est évanoui comme s’il n’avait jamais existé, quand tu l’as emporté

Ma vraie richesse, mon précieux trésor, ne sont plus là pour moi, je les ai à jamais perdus, tu les as offerts, comme des perles, à une étrangère

11 janvier 2023      Aimée Saint-Laurent © (Nouveaux Chants de Pénélope)

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