Le nom de mon enfant
Mon chagrin se jette aux fenêtres de toutes les rues
Nuages sombres des cheveux d’adolescentes
Ce n’est pas son visage que vous m’avez révélé
Silhouettes que j’ai un instant cru reconnaître
Vous n’étiez que passantes, inconnues, leurres
Est-ce l’écho de son rire
Par la porte ouverte d’un café
Qui vient de m’atteindre en plein cœur ?
Je longe des façades muettes
Où se sont échoués les souvenirs
Le silence sous mon sourire étouffe un grand cri
Le plus beau nom du monde,
Celui de l’enfant que j’appelle
L’enfant qui s’en alla,
Mon enfant, l’étrangère.
27-31 août 1992 Aimée Saint-Laurent ©