Champion de la transgression

Nous vivons l'ère de la transgression de toutes les valeurs qui ont fait la République et l'ont un temps (qu'est-ce que 30 ans ?) transformée en Etat-providence pour le bénéfice d'une plus grande justice sociale après le suicide collectif de l'Europe (1914-1945). Et le nouveau personnage à la tête de cette République s'affiche comme le champion de toutes les transgressions.

 

C’était prévisible, c’était même écrit. Ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Elevé en enfant-roi de la grande bourgeoisie à qui tout est dû, Emmanuel Macron s’est visiblement dès l’adolescence, il ne s’en cache pas, érigé en champion de la transgression. S’amouracher d’une femme, qui plus est son professeur, d’un quart de siècle de plus que lui (elle était adulte quand il faisait encore a-reu, a-reu dans son berceau), et lui déclarer, bien qu’elle ait un mari et trois enfants, qu’il l’épouserait,  puis réaliser ce vœu, c’est déjà le premier signe, incontestable, d’une volonté de transgression de toute décence, de toute retenue, de toute bienséance, de toute morale et même de la loi ! En d’autres temps (pas si lointains, 1968), ces deux-là auraient fait l’objet de poursuites judiciaires et même de prison (comme Gabrielle Russier, souvenez-vous). Mais notre société est large d’esprit, c’est tout à son honneur ; cela n’en efface pas pour autant le scandale, le caractère bancal, et ... le ridicule.

De la transgression qui consiste à cocufier un malheureux mari à celle qui consiste à cocufier d'abord le président qui lui a fait la courte échelle, puis un peuple, il n’y a qu’un pas et le pas a été franchi dès qu’E. M. a été choisi comme ministre de l’économie, merci M. Hollande pour votre clairvoyance et votre détestation de la finance (votre ennemi du Bourget, je vous le rappelle). Les "délicieuses" (delicious ?) petites phrases d'E.M. à l’adresse des forces vives de notre peuple (je ne les rappelle pas, elles figurent sur mon blog), le sabotage en bonne et due forme de tous les acquis sociaux promus par le Conseil de la Résistance (mon père FFI et mon beau-père FNFL doivent s’agiter dans leur tombe, les pauvres), avancées qui ont rendu un peu moins insupportable la vie des travailleurs que les « élites » exploitent depuis des millénaires (voir Sacrifices humains, Une histoire de la prédation sociale, L'Harmattan, novembre 2019), les ordonnances, les Benalla, de Rugy, tous ceux que j’oublie et, maintenant, Delevoye, promus personnages importants de la République dignes de commander aux Français, nous en fournissent au jour le jour de nouvelles preuves. Mais où cela va-t-il s’arrêter ? Cela va-t-il seulement s’arrêter ?

Mépris du peuple, mépris de la loi, mépris de la Constitution, l’enfant-roi est devenu tyran, sait-il seulement qu’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche tarpéienne ? Le tyran va finir par entraîner dans sa chute tous ceux qui l’ont approché, semant le chaos autour de lui. Il n’y a pas de doute, l’histoire retiendra son nom comme elle a retenu celui de tous les bourreaux des  peuples et leur monstrueuse ignominie.

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