Poème du soir

Dansons, dansons sans tarder, la consommation reprend, l’économie repart, le/la Covid (féminin de préférence, puisque diabolique) se méfie du vaccin, nous irons bientôt sans autre masque que ceux du Carnaval !

Danse macabre

 

Dansons, dansons sans tarder, la consommation reprend, l’économie repart, le/la Covid (féminin de préférence, puisque diabolique) se méfie du vaccin, nous irons bientôt sans autre masque que ceux du Carnaval ! Dansons, le PIB va retrouver son niveau d’avant-crise, les financiers se frottent les mains, et peu importe si fond la banquise ou si s’inquiètent les phoques et les ours blancs, du moment que nous dansons en Occident !

Les déserts gagnent sur les champs, l’eau se fait plus rare dans les marigots, le soleil plus cuisant, peu importe pourvu que nous ayons l’ivresse de la vitesse au volant de nos grosses Mercedes ! Dansons, pendant qu’il est encore temps ! Demain sera un autre jour, au diable les rabat-joie ! Dansons, en regardant sur  nos télévisions, s’écharper pour rire les nouveaux guignols de l’info, les vrais, en chair et en os, ceux qui briguent les ors de l’Elysée où il fait si bon vivre !

Dansons pendant que la Chine trime et nous regarde, incrédule, et dévide fil à fil sa route de la Soie pour conquérir le monde. Dansons et rions, en consultant nos écrans, même s’ils nous suivent à la trace, et si les algorithmes font de nous leurs marionnettes, c’est encore plus excitant !

Dansons pendant que d’autres peuples pleurent, se terrent, luttent pour leur survie, rêvent en pensant à de nouveaux continents, l’Occident est riche, la vie est belle, mets tes souliers de bal et ta robe de dentelle, la mort un jour ou l’autre toi aussi t’attend.

 

                            21 septembre 2021

 

                                Aimée Saint-Laurent ©

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