De ma fenêtre, Poème du jour

Il neige des feuilles mortes, légères, dorées, aériennes, qui dansent dans le vent d’ouest et le soleil blanc des matinées de brume, prélude au zénith du jour.

De ma fenêtre

 Il neige des feuilles mortes, légères, dorées, aériennes, qui dansent dans le vent d’ouest et le soleil blanc des matinées de brume, prélude au zénith du jour. Corneilles et pies ont déniché les noisettes tombées au pied de l’arbre et picorent à volonté, avant l’arrivée de l’écureuil roux, si agile, si vif, qui veut sa part. Songeurs, les moutons ruminent leur sagesse primordiale ; pacifique, le cheval alezan médite sur sa liberté retrouvée dans la lumière immémoriale. Que ne nous inspirons-nous de leur façon de laisser mûrir le temps et la vraie vie, au rythme tranquille de la contemplation de l’instant ! Ici, c’est un autre siècle, je suis une femme du passé.

Les nuages courent dans le ciel, sans escales, sans destination. Sur leurs ailes, naviguent les rêves des poètes, ils visitent sans passeport tous les paysages de la terre. Peut-être les vois-tu parfois, toi qui fus artiste autrefois. Peut-être songes-tu parfois au village que tu as quitté pour la ville où les hommes ont enfermé le ciel entre les toits d’ardoise, où les oiseaux s’ennuient dans les jardins étroits, où l’homme est un loup pour l’homme.

Pour rien au monde, je n’échangerais les trésors de la Création venus du fond des âges, contre la ville, ses théâtres, ses cinémas, ses boutiques, ses banques et ses gratte-ciel, son vacarme et les foules de badauds intoxiqués, pressés d’acheter, que sont devenus les humains. Pour rien au monde, je n’échangerais la beauté qui s’offre à mes yeux du lever du jour à la tombée de la nuit contre les paradis artificiels de ce siècle.    

                                                                                                         28 septembre 2021

                                                                                                       Aimée Saint-Laurent ©

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