Nicole Péruisset-Fache (avatar)

Nicole Péruisset-Fache

Professeure agrégée honoraire, Docteure de l'Université de Rouen, Qualifiée aux fonctions de maître de conférences, Chercheure en sciences humaines indépendante, poète à ses heures

Abonné·e de Mediapart

491 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 septembre 2021

Nicole Péruisset-Fache (avatar)

Nicole Péruisset-Fache

Professeure agrégée honoraire, Docteure de l'Université de Rouen, Qualifiée aux fonctions de maître de conférences, Chercheure en sciences humaines indépendante, poète à ses heures

Abonné·e de Mediapart

Que sont les humains devenus ? Poème du jour

Notre monde n’a cure des êtres humains, nul besoin d’hommes de cœur, de femmes de cœur. Ont-ils jamais été nécessaires ?

Nicole Péruisset-Fache (avatar)

Nicole Péruisset-Fache

Professeure agrégée honoraire, Docteure de l'Université de Rouen, Qualifiée aux fonctions de maître de conférences, Chercheure en sciences humaines indépendante, poète à ses heures

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Que sont les humains devenus ?

 Notre monde n’a cure des êtres humains, nul besoin d’hommes de cœur, de femmes de cœur. Ont-ils jamais été nécessaires ? Le cœur n’a plus cours ; l’amour, la pitié, la générosité, la sagesse ne sont pas cotés en Bourse. Cac 40 et Dow Jones, nouveaux évangiles.

Le fils trahit la mère, la mère le fils, l’époux l’épouse, l’épouse l’époux, le frère la sœur, la sœur le frère, l’amie l’ami et l’amie, l’ami l’amie et l’ami. Tous se déchirent, tout se délabre. La civilisation globale n’a de civilisation que le nom, vide de sens, l’être humain, de passage, n’est que baudruche qui s’enfle comme la grenouille de la fable.

Chaos, egos, indifférence, haine, guerre, malheur, mort, règnent en maîtres sur toute la planète où, pour du pétrole, pour des terres rares, pour de l’argent, se jouent partout des batailles de chiffonniers, dérisoires et mortelles. Les poètes, les Justes, les Sages, les âmes nobles, ne sont que chair à déchiqueter face aux armes des barbares, des SS, des apprentis-Rambo. Sans état d’âme, les barbares massacrèrent Jeanne d’Arc, Gandhi, Federico García Lorca, Martin Luther King et combien d’autres, jeunes ou vieux, sans voix, sans malice, sans duplicité, humains qui humblement croyaient en l’humain.

Ces martyrs au cœur pur avaient aperçu dans la nuit noire de l’humanité, tumultueuses abysses infiniment sauvages, la lumière incandescente de phares lointains, invisible à leurs contemporains. Inoffensives, les seules armes des martyrs, le langage, la poésie, l’espérance. Mais convoités par le Mal, leur sang est sans cesse versé, leur parole muselée, leur bonté sacrifiée, leur souvenir déifié, leur mort héroïsée, provisoirement, dans l’indifférence qui les attend et l’anonymat de la suite des siècles.         

                                                                          29 septembre 2021           Aimée Saint-Laurent ©

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.