PARCOURS MUSICAL

Un courrier qui fut rédigé et envoyé en novembre 2012 (quelques détails ont été supprimés). Trois ans déjà...

 

Bonjour,

 

Rechercher dans ma mémoire... J'essaierai d'être brève, mais cela risque d'être compliqué.

Une voisine, lorsque j'avais quatre ans, fut à l'origine de mes premiers pas musicaux. Ce fut le coup de foudre et dès cet instant, j'ai compris que c'était cela qui compterait pour une grande part dans ma vie. J'ai donc étudié l'accordéon en parfaite autodidacte  (petit accordéon chromatique qui montra rapidement ses limites). Je n'ai eu de cesse de réclamer à mes parents qui n'étaient absolument pas musiciens un instrument plus adapté. Faute de moyens de leur part, j'ai patienté jusqu'à l'âge de onze ans pour obtenir enfin un instrument de concours sur lequel j'ai fait toutes mes études (classique et danse) avec un professeur particulier. A peine quatre ans après, je me situais en catégorie professionnelle. Tout ce cursus s'est déroulé dans le cadre de la Fédération Nationale Française de l'Accordéon (Accordéon Club de France).

J'ai sur cette période participé à de nombreux concours, régionaux, nationaux, internationaux avec de façon systématique l'obtention d'un 1er prix avec médaille d'or ou coupe (c'était la pratique de l'époque). Puis, obtention de mon diplôme de Professeur ACF à l'âge de dix-huit ans. En fait, je me moque de mes médailles et tout le toutim, ce qui compte, c'est ce qu'on  retient du parcours.

Début des études de piano à treize ans en cours particuliers, le conservatoire de Rennes m'ayant fermé ses portes en raison de mon âge. Le fait d'étudier deux instruments de manière concomitante ne me pesait absolument pas, au contraire, je variais les plaisirs. J'ai beaucoup travaillé Bach à mes débuts. L'ajout du piano était la concrétisation d'un rêve d'enfance et une exigence par rapport à l'orientation que je m'étais fixée, bac A6 option musique, que j'ai passé à Toulouse, mention AB. J'ai à ce propos bénéficié de l'enseignement d'un excellent professeur, étudiant l'analyse d'oeuvre (partitions d'orchestre), l'harmonie, l'histoire de la musique.

En arrivant à Toulouse, j'ai intégré l'école de musique de Blagnac ainsi que le conservatoire de Toulouse (après concours) l'année suivante pour la partie formation musicale. Puis abandon du conservatoire en raison de la charge de travail (lycée, école de musique, conservatoire et deux instruments de musique) et beaucoup de déplacements. J'ai obtenu une 1ère médaille de solfège dans le cadre de la Fédération des Sociétés Musicales de Haute Garonne. Sur le plan pianistique, je progresse tout en restant sur ma faim.

Après le bac, retour en Bretagne où j'intègre la faculté de musicologie (UHB). Je m'y ennuie à mourir. Après avoir analysé des partitions d'orchestre, le concerto, la symphonie, l'opéra, il m'est difficile de revenir au chant grégorien. Abandon en fin d'année. Je me mets en recherche d'un(e) pianiste qui pourra satisfaire ma curiosité. Cela se concrétise par l'enseignement de Jean-Gabriel Ferlan durant plusieurs années. Il est concertiste (3e cycle du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris) et titulaire de nombreux prix internationaux. Il me prépare au concours international UFAM (Union des Femmes Artistes Musiciennes) à Paris, Cité Internationale des Arts. J'obtiens un 2è accessit à l'unanimité, médiocre. Arrivée en toute hâte sur les lieux du concours (manifestations dans les couloirs du métro), les conditions n'étaient pas au rendez-vous... Pour la suite, la proposition de concours à l'étranger (Sénigallia) me laisse entrevoir des problèmes financiers. Je coupe court à cette perspective mais continue dans la voie de l'enseignement qu'il me prodigue. 

J'ai ensuite enseigné le piano à l'école de musique d'Orgères. Après deux années d'exercice, la direction m'est confiée. Expérience de l'organisation de rencontres intercommunales, auditions, examens de fin d'année. Résultats très concluants. Cependant, un accident de voiture (atteinte aux cervicales) et d'importants problèmes de santé concernant ma fille cadette me contraignent à démissionner.

 

Je compose depuis cinq ans, pièces pour piano en tous genres ainsi que chansons, paroles et musique, animée d'une curiosité musicale et d'un tempérament très autodidacte (jazz). Pourquoi et pourquoi si tardivement ? Parceque j'entends depuis la petite enfance et que n'ayant pas intégré de classes de composition, je ne m'en sentais pas le droit, c'est tout bête !!! C'est un ami ostéopathe qui m'a libérée de cette barrière que je m'imposais. Dès le lendemain, crayon en main, j'écrivais sur du papier à musique. Un ami intermittent du spectacle me demande de lui écrire une chanson, exercice auquel je ne m'étais pas encore prêtée. Trois jours après, c'était chose faite. Après écoute, il me conseille de la proposer à certaines voix diffusées sur les ondes et surtout de continuer l'écriture. Echec, aucune réponse à mes courriers. J'utilise alors ma voix comme premier support (faute de mieux), m'accompagnant au piano. Je me dis qu'après tout, l'enregistrement sera toujours plus concret qu'une partition. Evénement inattendu, ma voix semble intéresser. Avis de collègues musiciens, de personnes de milieux divers. Un batteur me contacte par le biais de Myspace et me propose ses services dans l'éventualité d'un enregistrement. L'idée commence à faire son chemin.

J'avais l'envie de faire vivre mes compositions et pour ce faire, je pars à la rencontre d'artistes d'horizons divers dont l'un qui m'oriente vers un pianiste . Ce dernier accepte de participer à mon projet d'enregistrement, m'accompagnant au piano et me mettant en relation avec une personne (pianiste) organisant des concerts . J'ai pris à ma charge la réalisation et la production de ce CD. Maintenant sociétaire à la SACEM, admise aux deux commissions auteur et compositeur, il me reste à donner vie à cette musique, tâche extrêmement complexe. Il faut trouver des personnes qui aient foi en la musique et l'envie d'aider les artistes, parcours du combattant. 

Deux raisons expliquent mon absence au piano pour l'enregistrement comme pour le concert : d'une part, les chansons que j'ai composées s'avèrent difficiles à chanter, d'autre part, l'aggravation de problèmes cervicaux consécutifs à l'accident rendent très douloureuse la pratique pianistique. Je dois prendre une décision quant à une intervention en neurochirurgie.

Un contrebassiste, et un batteur, ont enrichi la formation. J'espère avoir les moyens d'enregistrer et donner des concerts avec leur concours dans un futur proche. Je garde la foi. Rien ne me prédisposait à chanter, mais un concours de circonstances m'y a menée et j'y  prends beaucoup de plaisir. 

 

 

 

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