Nouveau Gouvernement http://hebdo.ahram.org.eg/
A la grande déception des révolutionnaires, il est composé d’anciens de Moubarak, d’islamistes et de hauts fonctionnaires. Cette formation, qui témoigne de tractations entre le président et l’armée, se trouve maintenant face à deux énormes défis : relever l’économie et assurer la sécurité. Mais en aura-t-elle temps ?
Une part restreinte aux Frères musulmans
Les Frères ont pu obtenir quelques postes-clés. Dans un gouvernement de 35 ministres, cinq seulement sont du Parti Liberté et Justice (PLJ). Mais, habiles, ils atteignent divers domaines : l’Information, l’Enseignement supérieur, le Logement, la Jeunesse et la Main-d’œuvre (voir page 6). Les défis sont énormes.
Nouvelles figures aux fonctions souveraines
Traditionnellement nommés par le président, les ministères « clés » changent pour moitié dans le nouveau gouvernement. Le maréchal Tantawi reste à la Défense après avoir été pendant 20 ans à ce poste sous l’ancien régime.Le ministre sortant des Affaires étrangères, Kamel Amr, garde également son portefeuille mais celui de l’Intérieur change une énième fois et avec lui le ministre de la Justice.
Les demandes des salafistes ignorées
Les salafistes ont été presque ignorés dans le nouveau gouvernement, et une discorde s’amorce entre les deux principaux courants islamiques du pays. La nomination d’un salafiste à la tête du ministère des Waqfs ne vient pas calmer leur colère, tandis que la rue craint une rafle des « radicaux » sur les cultes.
Les ministres en charge des services ont tous été remplacés. Négligences, manque de moyens et détérioration de la qualité des services offerts, tels sont les défis majeurs que doivent relever les nouveaux ministres de la Santé, du Transport et de l’Energie. Pallier les défaillances colossales de l’ancien régime et soulager les maux du simple citoyen : une tâche herculéenne.
Un groupe économique très libéral
Le groupe ministériel économique se compose de 3 anciens hauts fonctionnaires de l’ère Moubarak : le ministre des Finances, celui de la Planification et de la Coopération internationale, et le ministre de l’Investissement. A quoi s’ajoute le ministre du Commerce et de l’Industrie, haut responsable exécutif dans l’une des plus grandes entreprises égyptiennes, Gozour. Un ministre de la Main-d’œuvre appartenant aux Frères musulmans a cependant rejoint le groupe. Le parcours de ces hommes laissent à penser qu’ils accorderont plus de privilèges au secteur privé, afin de l’inciter à investir davantage. Mais ils feront face à 2 grands défis : la difficulté d’affronter une corruption enracinée et la réalisation de la justice sociale, qui fait partie des revendications des révolutionnaires.