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Billet de blog 19 mars 2011

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L'Islam n'est pas la Sharia - On reconnaît la Sharia en France

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Le réseau WLUML (Femmes sous Lois Musulmanes) est un réseau international créé en 1984.

C’est un réseau non confessionnel qui relie les femmes qui vivent dans des pays ou des communautés (en Asie, en Afrique, au Moyen Orient, dans le Pacifique, et plus récemment en Europe et aux Amériques) où s’applique des lois, et en particulier un code de la famille - ou loi de statut personnel -, dites musulmanes. (Il s'agit d'un groupe oeuvrant à la réinterprétation progressiste et féministe de l'Islam, et non les « féministes islamiques » lesquelles ne sont que la branche féminine des mouvements intégristes).

Ce qui lie ces femmes, c’est une situation sociopolitique commune, et non pas une croyance religieuse ; en effet bien des citoyennes non croyantes, faisant partie de minorités d’autres religions ou bien mêmes étrangères, vivent également sous ces lois. Celle-ci affectent spécifiquement les femmes car elles régissent le mariage, le divorce, la répudiation, la polygamie, la garde des enfants, l’héritage, etc...

Si vous voulez en savoir plus sur leurs actions et la façon dont elles combattent l'intégrisme, je vous invite à aller sur leur site : http://www.wluml.org

Je désire ici vous faire part de leurs conclusions à propos de la Sharia. Après avoir étudié et comparé les pratiques musulmanes dans différents pays, elles sont arrivées à la conclusion suivante :

« C’est là une preuve suffisante, s’il en était besoin, que ces lois dites divines (= sharia) sont bien faites de la main de l’homme et peuvent être combattues en tant que telles. Et cela a aussi le mérite de démystifier le mythe d’un monde musulman homogène. Il n’y a donc pas une loi ’islamique’ (c’est à dire issue directement de l’islam), mais de multiples et diverses lois musulmanes (c’est à dire faites par des humains musulmans), qui tirent leurs sources non pas seulement d’interprétations du Coran et d’autres sources purement religieuses, mais incorporent également des coutumes locales. »

Et leur démonstration « tient la route ».

Une autre définition de la Sharia selon Soheib Bencheikh, ex Grand Mufti de la Mosquée de Marseille et actuel directeur de l’Institut des Hautes Etudes Islamiques à Marseille :

’ sharia’ n’a qu’un seule sens : la voie, le chemin de chacun vers Dieu. Il ne peut en aucun cas signifier une loi humaine d’inspiration divine. « C’est un concept [...] spirituel, donc synonyme en quelque sorte d’un cheminement personnel mais qui, à travers l’histoire, couvre le travail juridique des écoles [juridiques, malékite au Maghreb, hanafite en Turquie, hanbaliste en Arabie Saoudite], si bien que le droit musulman est varié. Il n’a aucune sacralité et souffre de n’avoir pas été mis à jour. » [http://www.pointdebasculecanada.ca/... ]

Et pendant ce temps en France, on vient de reconnaître la Sharia dans la Loi française.

A l'initiative de Christine Lagarde, en Aout 2010, notre droit fiscal français a été modifié afin de faire entrer des capitaux de pays très riches du Golfe, et donc implanter la finance respectant la sharia en France :

Bulletin officiel des impôts – n° 78 du 24 août 2010 Direction générale des finances publiques
4 FE/S1/10 n° 78 du 24 août 2010 : Impôt sur le revenu (IR) – Impôt sur les sociétés (IS) – Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Droits d’enregistrement – Contribution économique territoriale (CET) – Régime applicable aux opérations de murabaha.(1)
4 FE/S2/10 n° 78 du 24 août 2010 : Impôt sur le revenu (IR) – Impôt sur les sociétés (IS) – Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Droits d’enregistrement – Contribution économique territoriale (CET) – Régime applicable aux sukuk d’investissement.(2)
4 FE/S3/10 n° 78 du 24 août 2010 : Impôt sur le revenu (IR) – Impôt sur les sociétés (IS) – Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Droits d’enregistrement – Régime applicable aux opérations d’ijara.(3)
4 FE/S4/10 n° 78 du 24 août 2010 : Impôt sur le revenu (IR) – Impôt sur les sociétés (IS) – Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – Droits d’enregistrement – Régime applicable aux opérations d’istisna.(4)

(1) Murabaha : vente particulière répondant aux exigeances de la shariah. (permettant d'inclure un bénéfice en vendant un produit à un intermédiaire).

(2) Sukuk :certificats d'investissements conformes à la recommandation religieuse issue du Coran interdisant aux fidèles directement le prêt à intérêt (riba). Il consiste pour la banque à acheter un bien et à le revendre immédiatement à un prix majoré au client, qui rembourse alors selon un échéancier sur lequel les deux parties se sont entendues.

(3) Ijara : l’un des principaux outils de la finance islamique : le contrat d’ijara sur actif. C'est un contrat aux termes duquel une entité met un bien à disposition d’un client pendant une durée déterminée, en contrepartie du versement de loyers. Ce contrat peut être assorti d’une promesse de vente ou d’une option d’achat.

(4) Istisna'a : solution de remplacement conforme aux préceptes de l'Islam à la technique des avances sur marché.

De nombreux pays ont adapté leur législation bancaire pour attirer les fonds de certains pays arabes.

La situation est donc la suivante et doit être bien comprise lorsque l'on utilise le mot sharia :
La sharia ne s'applique pas à tous les musulmans . Elle est appliquée sur moins de 18% des musulmans du monde entier. Les pays régis par la sharia sont l’Arabie saoudite, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Oman, le Yémen, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, et la moitié d'entre eux la pratiquent partiellement. Dans le reste des pays musulmans en afrique noire, asie et tous les autres continent la sharia n'est pas appliquée. En afrique du nord et en Egypte : application partielle.

À l’heure actuelle, la mise en place de la sharia n’est presque jamais complète, mais elle est fortement présente dans la vie politique des certains pays musulmans.

Il est important de faire la distinction car en France, la deuxième religion est l'Islam. Et souvent on entend dire que les musulmans veulent imposer la sharia en France. C'est un argument utilisé par certains pour, par la peur, poursuivre un but précis et connu.

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