TUNISIE : la transparence des réunions de la Haute Instance demandée par les journalistes

TUNISIE : Pourquoi les réunions de la Haute instance sont-elle secrètes ?
Plaidoyer pour la transparence, indispensable exigence pour une véritable démocratie

Une polémique a été déclenchée quant au caractère secret des réunions de La haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Suite au mécontentement des journalistes n’ayant pas eu le droit de couvrir les débats, des propositions au sein de la commission ont été discutées le mardi 22 mars 2011. Pour comprendre l’importance d’une ouverture au média, il faudra préciser que cette Haute instance, composée au jour d’aujourd’hui de plus 120 membres, a été constituée dans le but d’établir des réformes et concrétiser les objectifs de la Révolution ainsi que le suivi d’un véritable processus démocratique. Cette Haute instance joue, en conséquent, le rôle d’un coordinateur et un poids d’équilibre entre les forces de la société civile et celles du gouvernement, notamment du Premier ministre.

Sa mission actuelle serait de déterminer le mode de scrutin et la répartition des circonscriptions, ce qui procédera à l’établissement d’une l’Assemblée constituante et la création de la nouvelle constitution tunisienne. Ainsi, vu l’importance de ces réunions qui vont décider de l’avenir même de la Tunisie et surout de son nouveau paysage politique, la transmission de ces débats au peuple via le média- et surtout les radios- serait cruciale. Rappelons que le caractère secret de ces réunions a été exigé- lors de la création de la Haute instance- dans l’article 7 du décret-loi N°6/2011qui date du 18 février 2011.Ceci pose problème pour beaucoup de journalistes qui voudraient rompre définitivement avec l’ancienne tradition d’opacité que maintenait le régime corrompu du président déchu. En écartant le média qui voudrait couvrir les discussions de la commission, cet article, approuvé du temps de Mohamed Ghannouchi et signé par Foued Mebazaa, prive, indéniablement, la société civile des décisions qui le concernent puisque le citoyen se retrouve, de facto, écarté de sa chose publique, autrement dit de sa République.

La solution est pourtant simple pour mettre fin au caractère privé et secret des réunions ; en effet, cela ne pourra changer que grâce à un amendement de la part du Président de la République par intérim en réctifiant l’article en question. Ceci permettra alors accès aux décisions vitales de Tunisie de demain. Naguère, la presse, ou ce qu’on nomme quatrième pouvoir ainsi que l’opinion publique (cinquième pouvoir) ont été marginalisés et écartés, pendant longtemps, par un Etat policier qui trouvait toutes les excuses pour la censure et la non transparence. En attendant que l’ouverture soit instaurée, le besoin de mettre fin au huis clos des débats est urgent. En les rendant accessibles aux citoyens tunisiens par une diffusion en direct via les médias cela contribuera- sans doute- à la dynamique d’un peuple qui a prouvé sa maturité en réalisant la plus belle des Révolutions de toute l’Histoire humaine et qui se reconnaît enfin souverain- se détachant ainsi de la fatale curatelle dont il a été emprisonné depuis plus d’un demi-siècle par la dictature.

Lilia Weslaty

http://www.tunivisions.net/pourquoi-les-reunions-de-la-haute-instance-sont-elle-secretes,11788.html

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