nikano

Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 26 avril 2011

nikano

Abonné·e de Mediapart

media-par[t]se, ou lorsque la Une de Mediapart se fait instrument de musique.

media-par[t]se (parser: outil informatique d' analyse syntaxique) est une pièce de musique générative en temps réel conçue comme une installation sonore, première d' une série basée sur un principe de "bombardement lexical".

nikano

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

media-par[t]se (parser: outil informatique d' analyse syntaxique) est une pièce de musique générative en temps réel conçue comme une installation sonore, première d' une série basée sur un principe de "bombardement lexical".

Toutes les 30 minutes, le code html public de Mediapart est téléchargé dans un "buffer". Il est alors bombardé à intervalles aléatoires allant de une à quinze secondes par un mot, choisi au hasard, dans une liste qui en compte 348.

Ces mots sont ceux du premier chapitre du Discours sur le colonialisme d' Aimé Césaire (1950).

Lorsque au moins une occurrence de ce mot est trouvée dans le code html de Mediapart, les lettres qui le composent sont alors transcrites en nombres (codification ASCII) et génèrent, selon les cas, une table d' onde (une fondamentale et un à neuf harmoniques/partiels variables), des déclenchements de motifs rythmiques, des envois d' effets, de panoramiques etc.

Vous pouvez en écouter (ou télécharger et même partager, sous licence libre Creative Commons by-nc-sa) un extrait ici: http://soundcloud.com/nakatano/mediapar-t-se ; extrait car cette pièce étant générée par l' actualité, elle peut tout aussi bien se dérouler pendant des jours entiers sans jamais se répéter exactement que rester totalement silencieuse durant de longues minutes.

Abonné de la première heure à Mediapart, l' idée de cette pièce m' est venue en lisant la Une (peu importe quelle Une) du journal alors que quelqu'un (et en réalité, peu importe qui)parlait sur France Culture de ce magnifique texte de Césaire il y a de cela quelques semaines; comme si le fait de bombarder ce texte par cet autre pouvait agir comme un révélateur des dangers toujours présents des formes les plus insidieuses de l' imaginaire de la domination occidentale face auxquelles la presse se doit d' être exemplaire.

Sur le plan de la construction formelle, j' ai avant tout cherché ici à éviter toutes "caribéaniaiseries" ou "orientalismes" déplacés et à me référer plutôt à une certaine esthétique berlinoise des années 90, époque de grande liberté s' il en fut.

Au delà des simples aspects technologiques (media-par[t]se a été réalisée grâce au logiciel de création multimédia Max/MSP développé il y a quelques années à l' IRCAM par Miller Puckette puis à San Francisco par la société Cycling 74') et de l' éventuel intérêt musical/sonore que vous y porterez, j' espère que cette pièce dira à quelques un(e)s au moins quelque chose des temps troubles que nous vivons, ceux de la remise en question fondamentale de la démocratie (ou de l' égalité de n' importe qui avec n' importe qui comme le dit J. Rancière) en Europe alors que nait dans le sang, à ses frontières réelles ou imaginaires (fantasmées !) du Sud, un immense espoir de Liberté et de Paix.

Cordialement,

Nicolas Canot, musicien, sound-designer, Reims.

ps: la prochaine pièce de cette série, Hétérotopia [parser],verra le superbe texte théorique de Michel Foucault, Hétérotopies (1967, paru en 1984 dans Dits et Écrits) bombardé, comme mis à l' épreuve du réelpar celui, mi programmatique-mi poétique des architectes et urbanistes Anne Lacaton et Jean Phillipe Vassal, Il fera beau demain.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.