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Billet de blog 22 janvier 2017

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UN COSTUME SANS CRAVATE

De retour à Moscou après un concert dans la salle de spectacles  du musée d'art contemporain Erarta de Saint-Pétersbourg, qu'un oligarque  russe a offert à sa femme pour son anniversaire, j'ai voulu visionner sur le web votre rencontre publique à Bordeaux. C'est étrange d'être en phase simultanément avec la réalité de deux pays ! Il se produit malgré soi une sorte de synthèse qui, parfois, ne sert qu'à désespérer de l'être humain, indécrottable prédateur contre sa propre espèce.

J'ai écouté attentivement les presque deux heures de votre cours magistral sur l'importance du vote nécessaire et l'absurdité du vote "utile". Je n'ai pas manqué de remarquer que vous avez adopté le  micro-cravate, histoire d'éviter le pupitre qui fait toujours un peu  "sermon du dimanche matin". Tout au début, un peu gauche (!), vous avez semblé vous inquiéter pour le son ("est-ce que ça marche ?") mais j'ai très vite ressenti l'aisance que vous ont donné les centaines de prises de parole, d'allocutions et de conférences passées. Ne m'a pas échappé, non plus, le troc du costume pour un blazer à col Mao, moins formel mais plus austère. Personnellement, je trouve que la veste de costume (même en cuir et sans cravate) vous va bien. Vous y êtes élégant. Elle n'a rien de ringard.  Vous pouvez la ressortir de la penderie. A quoi bon se différencier des autres par l'apparence puisque vous avez le discours à rebrousse-poil et à contre-courant ? D'aucuns pourraient y soupçonner une tentation de "relookage", un "re-branding" de "marketing" (Mmm... tous ces jolis mots ! )

Le fond de scène était occupé par des jeunes gens, garçons et filles, qu'on avait sûrement sélectionné pour vous. C'était une bonne idée. Même si, dans la vidéo qui filme l'événement, on n'en voit aucun prendre la parole, avant ou après vous. J'espère de tout mon cœur que ce n'est qu'une affaire de coupures au montage. On en a plus qu'assez  du public "pot-de-fleur" derrière les "importants" (pour emprunter votre vocabulaire) de la télé. Et peut-être faudrait-il, quoi qu'il vous en coûte, passer le micro, à d'autres en qui vous avez confiance. Monopoliser le verbe peut-être ressenti comme une allégeance au star-system que je connais bien pour l'avoir fui, et la négation de tout ce que vous assénez sur l'implication du plus grand nombre dans la conduite de notre pays vers une démocratie réelle. Mais je reviendrai plus tard sur ces thèmes. Ils me sont chers et j'y ai beaucoup réfléchi pour pouvoir rester artiste.

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