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Billet de blog 22 janvier 2017

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Interrogations écrites /12

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

LA TENTATION DU MENSONGE

Avant-hier, un journaliste du quotidien Sud-Ouest m'a questionné par téléphone pour ma prochaine venue près de Libourne, à Saint-Denis de Pile exactement. Par chance, il s'était informé sur moi de manière assez complète et, ayant lu mon blog, il n'a pas manqué de me demander si je vous connais, si je vous soutiens, si vous me répondez... et la raison de mes Interrogations écrites. Alors, pour le cas où il ne pourrait pas passer toutes mes réponses dans son article, j'en fais ici le résumé.

D'abord, on ne se connaît pas personnellement, vous et moi. Même si, plusieurs fois et à quelques mètres l'un de l'autre, personne n'a eu l'idée de nous présenter. Pas grave. Je n'aime pas les banalités qu'on se croit obligé de se dire debout, le sourire aux lèvres, en se secouant les mains. Je suis pourtant venu à quelques rencontres publiques, dont la dernière au mois de juin, place Stalingrad, où j'ai failli me faire enrôler pour défiler jusqu'à l'estrade et faire de la figuration. J'ai préféré grossir les rangs de ceux qui venaient vous écouter.

A ce propos, je dois dire que je déteste les petits drapeaux. Ils ringardisent l'événement, lui donnent une couleur sectaire, font de qui les brandit un propagandiste anonyme. Ils repoussent aussi ceux qui, ne voulant d'aucune bannière, se méfient de ce qui efface la personne au détriment des visages, plus beaux à contempler que des bouts de chiffon. Même pour les caméras de télévision. Suggestion : ranger définitivement les drapeaux au grenier des accessoires éculés. Pour marquer la différence et mettre à l'honneur des humains "démoutonnés".

Deuxième question : est-ce que je vous soutiens ? Je ne sais pas. Disons que j'apprécie votre façon de vous adresser à mes neurones et à leur besoin d'intelligence. Ce que vous dites a, au moins, le mérite de la clarté et de prendre en compte l'intérêt du plus grand nombre. C'est pourquoi, après avoir mis le point final à un livre en chantier depuis trois ans, j'ai décidé de consacrer du temps à ce monologue auquel vous ne répondrez peut-être jamais. Pas grave, non plus. Cet exercice me donne l'occasion d'y voir clair et de partager des interrogations qu'au bout du compte je n'adresse qu'à moi. Il faut dire que je hais la politique au sens de la pantalonnade, du défilé d'ambitions obscènes dont je ne comprends pas qu'il gruge encore quelqu'un dans un pays de culture comme le nôtre, mais que les médias chérissent et nous imposent avec des airs entendus pour vendre de la page, de l'écran, et les pubs qui vont avec.

En vous écrivant, j'essaie seulement de savoir jusqu'à quel point, dans la société humaine de cette France que je connais bien et qui m'a été offerte cinq années après ma naissance espagnole, l'artiste que je veux être peut se sentir concerné par les idées que vous agitez, tout en ayant l'œil sur votre manière de déjouer - ou pas - la tentation du mensonge dont le message politicien, avec son "parler vrai" qui n'est pas la vérité, est l'expression la plus aboutie et la plus infâme.

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