Nilda Fernandez

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Billet de blog 22 janvier 2017

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Interrogations écrites /7

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

UN PEU D'EAU FROIDE

Dans mon dernier billet, j'essayais de jeter un peu d'eau froide sur l'hystérie émotionnelle qui a envahi nos écrans, nos ondes et nos titres de journaux après l'élection de Donald contre Daisy. Depuis, j'ai entendu vos réponses à un journaliste de radio. Selon votre habitude, vous demandiez de "prendre de la hauteur" en expliquant que le choix de madame Clinton n'aurait pas ouvert la voie à plus de progrès ni à des relations entre les peuples plus détendues puisque cette femme est le pur produit d'une pseudo-gauche américaine, guerrière et toujours plus déconnectée de ce que vit une grande partie des ses compatriotes.

A ce sujet, sur votre blog, j'ai lu un exercice à double-tranchant pour faire comprendre que ce ne sont peut-être pas seulement les "grossièretés" de Trump qui l'on fait élire, ni sa réussite ou sa misogynie affichées,  mais avant tout sa volonté de rehausser les salaires, d'en finir avec les guerres d'ingérence et les traités de libre-échange. Bref, tout ce que la gauche-droite française ignore superbement et que vous abordez souvent. J'ai trouvé votre démonstration brillante et très hégélienne, mais il faudra tout de même expliquer aux électeurs de Madame Le Pen - ces laissés-pour-compte de la gauche socialiste et communiste qui se jettent "par défaut" sur le FN comme d'autres se sont jetés sur Trump - les clivages souterrains entre deux approches qui, sur certains points et en surface, ont  l'air de se rejoindre. : vous êtes pour une révision des traités européens, elle aussi ; vous êtes favorable à un US go home, elle aussi ; vous êtes pour la fin des diktats de la finance, contre l'oligarchie, elle aussi ; vous n'avez pas votre langue dans la poche, elle non plus ; il a fallu qu'elle se "dédiabolise", vous aussi. Pourquoi ne pas reprendre un à un les lièvres qu'elle soulève et qui font que l'on puisse voter pour elle ? Ne pas craindre d'approuver les causes  quand elles sont justes, mais mettre en lumière ce qui, dans la bouche d'une personne nourrie à l'imposture, les fausse et les rend dangereuses.

Il y a quelques jours, a eu lieu l'épisode - un peu pitoyable, il faut bien le dire - de la primaire chez ceux qui se font appeler "Républicains". Au bout du vote : un Sarkozy qui disparaît (pour de bon, j'espère) et un Fillon les deux pieds bien enfoncés dans sa revanche contre celui qui l'a humilié pendant cinq ans, croyant encore à l'idée cuite et recuite qui prétend que, quand les  riches font tourner la machine, les pauvres s'en trouvent bénéficiaires. Un programme tellement psychorigide, qu'il effraie même le Front national. C'est dire !

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