Le moyen d'en sortir

On n'en peut plus de ces manèges désenchantés, ces tourbillons de caméras et de micros survoltés, faiseurs de bruit sonore, visuel, étourdissants et vendeurs de Coca Cola. On voudrait les éteindre, ces journalistes pleins de bonne foi et sûrs de leur rôle d'informateurs "au plus près de l'événement" qui desservent la cause de ceux qui se donnent la peine de montrer le visage du "ça suffit comme ça !"

La violence des petits seigneurs de la politique ou des affaires nous a donné de bonnes raisons de désespérer, mais aussi de régénérer notre société gangrenée par les vitrines surabondantes et la frustration qui les accompagne.

Mais attention ! Ces derniers temps, tout porte à croire, images choc à l'appui, qu'une majorité de Français est raciste, xénophobe, pro-nazie... alors que l'éducation française s'efforce d'enseigner les vertus du partage qui contrarient le réflexe de grognement autour de la gamelle. 

Ce grognement animal, dicté par l'instinct irrationnel de survie, se retrouve d'abord chez les 0,7 % de la population qui détiennent plus de 41 % du patrimoine mondial. Mais il est aussi à l'oeuvre chez nous, troisième pays le plus riche, dans la misère que notre petit ou grand confort inflige à d'autres humains. 

Et si la répartition des richesses n'était pas qu'une question d'arithmétique locale mais un regard porté sur notre condition d'animaux doués d'intelligence qui, pour protéger leur pitance ici ou là, ne se contentent plus de montrer les dents mais s'inventent les gaz lacrymogènes, la bombe à neutrons, la Bourse... et la télévision?

Ne pas envisager les choses de cette manière risque de nous ramener sans cesse à la case départ, comme dans le fameux sketch de Raymond Devos où des automobilistes tournent autour d'un rond-point sans trouver le moyen d'en sortir.

PHOTO NILDA SUR SCENE

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