Billet amer d'une mort annoncée (Syrie)

« Un journaliste indépendant syrien vient d’être tué par l’armée russe à Hama. »

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Pas de nom; on dirait un communiqué d’une provenance médiatique ou officielle quelconque. S’il s’était s’agi d’un soldat de la paix ou d’un humanitaire, on aurait rajouté « dans le cadre de ses fonctions », comme s’il était de la fonction de certains êtres humains de mourir en faisant leur métier.

Wasem Aledel, jeune homme syrien, vient d'être tué la région d’Hama. Il y a 23h il publiait encore sur Facebook qu’il repartait avec son appareil rendre compte au monde de ce qui se passait dans la région.
Sa mère s’inquiétait, ses proches lui ont posté des messages d’encouragement sur son fil de commentaires.
Et il vient de mourir il y a quelques heures. Sa mort a à peine fait osciller l’aiguille du compteur macabre des victimes du conflit.
Elle vient s’ajouter à un chiffre colossal et inhumain que l’on discute ça et là sur Internet pour doser l’horreur du conflit, plus ou moins horrible / acceptable en comparaison à d’autres au regard de l’histoire…

Des commentateurs se serviront de sa mort d’autre la trouveront suspecte et saliront le désintéressement de sa démarche. Certains insisteront sur la provenance de la bombe, d’autre iront jusqu’à nier sa mort pour blanchir l’équipe sur laquelle ils ont misée leur crédibilité.
Tel est le rang des témoins face à la plupart des théoriciens. Certains meurent déchiquetés pour alimenter les démonstrations de sagacité de la majorité des autres.

 

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