ZAD à MARSEILLE

La gentrification de Marseille ne passe pas à la Plaine.

 

« Touchez pas à la Plaine touchez pas et levez vos sales pattes de là

bulldozers architectes de mafia ce quartier ne vous regarde pas »*

Entre rénovation et requalification, la Mairie a choisi la seconde option .

Après avoir laissé à l'abandon la place Jean Jaurès (dans le quartier appelé la Plaine), elle prétend la nettoyer de ses 300 forains qui viennent trois fois par semaine , de ses petits commerces de proximité, de sa population la plus démunie puisque tout va devenir « haut de gamme ».

Malgré la lutte des forains, ceux-ci , à l'heure actuelle, ne seront assurés de leurs nouveaux emplacements qu'à la fin octobre. La Mairie avait trois ans pour les leur trouver puisque le projet date de 2015. C'est vraiment la preuve de l'incompétence de ses services mais aussi de sa volonté d'en finir avec le côté populaire de ce quartier qui se situe dans le grand centre-ville  puisque à la fin des travaux il n'y aura plus que 60 places de forains.

Les travaux vont durer au moins 3 ans. L'économie du quartier sera exsangue : perte de la clientèle que le marché drainait, petits commerces en souffrance...Ce sera donc le moment où les rapaces-les spéculateurs-vont arriver : rachat des terrasses de bars que le projet compte agrandir, augmentation des loyers, etc...

 

« Nettoyage au karcher

Sortez les dossiers du placard

C'est à la Mairie que se cachent

Les plus grandes racailles »*

La colère gronde sur la Plaine. Organisés en collectif , l'Assemblée de la Plaine , propose une rénovation de la place qui en a bien besoin. Et puis pour quoi une piste de vélo ? Option totalement absente du projet de la Mairie...Cette rénovation n'a pas été acceptée lors des pseudo-concertations avec la Mairie.

Des actions en justice ont été faites : les référés ont été rejetés ; ce qui veut dire qu'il n'y a pas eu suspension des travaux, suspension qui aurait permis une nouvelle négociation. Le Tribunal Administratif doit se prononcer sur le fond le premier trimestre 2019. D'ici-là, on peut facilement imaginer que les travaux auront déjà commencé...

 

« Expulsés de nos villes

Comme expulsés de nos vies

On ira occupé la rue

On ira affronter l'abus »*

 

On occupe la Plaine !

On se réunit tous les soirs à la bougie car la Mairie mesquine éteint les lampadaires dès que la nuit arrive, on prépare une bonne soupe, on envisage des actions, on organise des projections, on invite Alternatiba...

Le corps des combattants a grossi. Nous nous sommes retrouvés 200 après la première agression des CRS, puis plusieurs centaines lors de la manifestation dans la ville ce samedi.

J'allais oublier de vous dire que 115 arbres vont être abattus ! Des tilleuls, des arbres mellifères de 30 ans d'âge . A la place seront replantés des « bâtons ». Ces grands arbres gênent la video-surveillance. La Mairie va dépenser 45 millions pour installer le Big Data.

 

« Eh oh c'est rigolo

sous les bombes

Eh oh c'est rigolo

Sous les bombes lacrimos »*

J'allais oublier de vous dire que la répression est rude. Les gaz lacrymogènes se répandent sur la Plaine depuis jeudi passé. Les CRS ont pour mission de faire peur : ils foncent sur un manifestant , essaient de le saisir, les camarades contre-attaquent pour le tirer des griffes de ces cerbères. Malheureusement, quatre on été inculpés ; trois d'entre eux sont interdits de séjour à la Plaine, le quatrième est toujours à la prison des Baumettes parce que le CRS s'est foulé le doigt en agrippant la chemise du manifestant...Le ridicule malheureusement ne tue pas ! Gaudin et le Préfet sont prêts à tous pour empêcher une ZAD.

A l'heure actuelle, la place est entourée par des fourgons de CRS, Des énormes plots de béton sont placés autour malgré notre obstruction consistant à bloquer les camions. Pour le moment on peut les franchir...en attendant les palissades. Une cabane s'est construite au-dessus de l'entrée du parking de la place.

Lundi soir, comme d'habitude, on tiendra l'Assemblé de la Plaine sur la place Jean Jaurès ou ailleurs si les CRS interviennent.

On tient bon !

 

Marseille est la ville de la mixité sociale en plein centre-ville et Gaudin ne l'a toujours pas compris. 

 

 

* paroles des chansons des gueux de la Plaine !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.