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Billet de blog 27 avr. 2017

Pourquoi je n'ai pas voté Mélenchon?

Mélenchon, Hamon, deux gauches qui devront s'unir pour gagner, mais quand?

Noëlle MAS
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J'ai toujours fait un vote de conviction au premier tour des Présidentielles.En 2012, j'avais voté Mélenchon parce que je voyais dans le Front de Gauche qui regroupait le PG, le PC et Ensemble, un espoir d'unité fédérative avec les autres forces de gauche. Puis, à ma déception, Mélenchon a laissé tomber le FG. 

La France Insoumise m'a laissée dubitative. D'abord je n'avais rien d'un insoumise et encore moins d'une soumise. Et de plus le style tribun de Mélenchon m'a toujours repoussée. Ce que je voulais par dessus tout c'est garder mon esprit critique et mon libre arbitre. Mais ne voulant pas en rester à une impression subjective, je me suis penchée sur son programme. Mon désaccord sur l'Europe était déterminant. Et là, je regrette que les deux candidats de gauche Mélenchon et Hamont n'aient pas organisé des débats publics. Car l'Europe est l'enjeu essentiel  de ces élections. 

Mélenchon m'a déçue une seconde fois quand il a refusé de se présenter aux primaires de gauche qu'il aurait pu gagner grâce aux nombreuses voix de la FI qui pouvaient faire la différence avec Hamon. A ce moment-là il aurait pu avoir une légitimité. On ne peut pas revenir sur le passé, soit. Mais je pense qu'il a raté une opportunité pour montrer sa démarche unitaire.
A partir de là, je me suis rendus compte que, dans le fond, il ne voulait pas de démarche unitaire. L'abandon du FG signifiait une autre orientation de rassemblement en agrégeant  le "peuple" autour de lui et de son programme. Or, pour moi, le peuple n'est pas un seul corps mais un ensemble de couches sociales hiérarchisées, c'est-à-dire de classes sociales. 

Je rejoignais Hamon tout en sachant qu'il serait perdant à cause de la perte de crédit de son parti. Mais il correspondait à mes convictions unitaires-même si l'unité se bornait à Jadot- à mon désir d'une Europe plus démocratique et plus forte face à Trump, Poutine et maintenant Erdogan. De plus, son idée de Revenu Universel me semble d'avant-garde et intéressante à exploiter.

La réponse populiste de Mélenchon, au moment où toutes les forces de gauche devaient se réunir pour affronter la droite extrême, le hollandisme et le FN, m'a paru insuffisante pour gagner car il laissait de côté l'idée essentielle qu'en France la gauche est plurielle.  A son actif, il a fait un bon score, il a su faire émerger  un important mouvement de citoyen(ne)s et donner ainsi un avertissement à tous ces nantis qui veulent nous gouverner. Cependant, son populisme de gauche le mène à un plafond de verre. Ses 19,2% le prouvent.

Et maintenant troisième déception : après le 1er tour j'attendais de lui, grand tribun qu'il est, une déclaration contre le danger imminent du  FN, appelant à lui faire barrage. En guise de cela, il déclare que son vote est personnel, lui un homme public! C'est désolant. 

Je pense que pour les législatives la même configuration politique au sein des gauches va se répéter. L'unité ne se fera pas. 

Mais, le 8 mai, je ne veux pas me réveiller avec une gueule de bois.

Je voterai Macron, une pince sur le nez.

Après la mobilisation ne fera que commencer, j'espère.

De toute manière on en prend pour 5 ans, le temps que la gauche se recompose, se fédère. C'est mon petit espoir.

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