littérature comparée

littérature comparée © STUDIO DOITSU

- Quoi, qu'est-ce que c'est ? Oulà ! Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que vous voulez ?

- Bonjour

- Oui…

- Bonjour, Hubert Robert ?

- Oui

- C'est Françoise, c'est Françoise je viens pour l'entretien avec vous…

- Ah… ah oui excusez-moi j'avais oublié

- Comment allez-vous ?

- Ça va, ça va

****

- Bonjour Hubert Robert, nous sommes aujourd'hui chez vous, vous avez bien voulu nous ouvrir la porte pour parler de littérature, car vous êtes professeur de littérature comparée à l'université de Lyon 4 et aujourd'hui vous allez nous présenter un certain nombre de vos travaux, nous faire entrer dans la matière littéraire

- Oui je fait partie d'un labo de recherche qu'on a donc ouvert en 64, à l'époque on était cinq ou six, on est une quinzaine aujourd'hui, c'est un travail collectif, très convivial, ça fonctionne très très bien on est sur Lyon, donc, et on s'intéresse à la littérature, la littérature comparée, voilà…

- D'accord, vous voulez dire quoi par "littérature comparée" ?

- Bah on compare, on prend plusieurs livres et on les compare, les uns, les gros, les petits, voilà, et puis on travaille sur l'écriture, sur le sens des mots, voilà

- Parmi les livres qui sont actuellement sur votre table, y en aurait-il un que vous auriez envie de nous présenter plus particulièrement ?

- Tout à fait, il y a là le Roberto Bolaño qui est un livre de nouvelles, Appels téléphoniques, voilà, alors il y a un certain nombre de pages, je crois qu'il y a 259 pages, voilà, plus quelques unes après mais, voilà  et ce sont des nouvelles alors une aventure littéraire, c'est une aventure littéraire, toujours, et, ah, ça dépend, et si vous voulez je peux vous lire un passage ?

"B écrit un livre où il se moque, en les travestissant de diverses façons, de certains écrivains, quoiqu'il soit plus juste de dire de certains archétypes d'écrivains. Dans l'un des récits, il aborde le personnage de A, un  auteur de son âge, mais qui à la différence de lui est célèbre, a de l'argent, est lu, les ambitions les plus hautes (et dans cet ordre) auxquelles peut aspirer un homme de lettres."

Alors le Roberto Bolaño, c'est un très bon bouquin, que je conseille vraiment, Bolaño ça me fait penser à la Bolognaise, et si vous voulez on se fait une petite partie de pâtes ?

- Mais avec plaisir, allons-y !

- Eh ben voilà c'est parti… donc ça c'est cuit, on arrête

- Alors allons-y, égouttons ces pâtes, formidable…

- Voilà !

- Merci beaucoup

- Ah c'est délicieux !

- Oui c'est délicieux Hubert. Alors Hubert je vois que vous avez réchauffé un petit peu de soupe aussi…

- Ça fait du bien … On se fera un petit café après ? Ça vous dérange si je fume ?

- Oh non pas du tout, je vous en prie

- Merci…parce que bon… on travaille sur une théorie de l'élasticité de la littérature, donc je voudrais vous en parler… j'ai pris là trois livres pour vous en parler, pour cela j'ai élaboré une expérience, si l'on peut dire, une expérience de laboratoire ; Robert Musil, par exemple, est un livre qui a une élasticité, et donc voilà la démonstration, une élasticité quasi nulle, et il semblerait que ce soit lié au poids de l'œuvre, et donc vous pouvez remarquer qu'il y a peu de rebondissements dans un Robert Musil, très peu, alors que par exemple un Roberto Bolaño, si on le traduit comme ça en pesée, il est beaucoup plus rebondissant, et donc on remarque, le Roberto Bolaño rebondit. Voilà, le Flaubert, Dictionnaire des idées reçues, qui n'est pas un Robert, mais c'est un Flaubert c'est pas loin, et là vous pouvez remarquer qu'il y a une légèreté de la littérature, pleine de rebondissements, et donc l'hypothèse, l'hypothèse générale, c'est que : 

    Plus la littérature est lourde, moins elle rebondit, moins elle a d'élasticité.

- Ah d'accord

 

 

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