une philosophie de l'amusement, prologue

Tu venais aux nouvelles et comme je sortais de chez mon père nous avons plaisanté à propos de nos vieux, ta mère qui divorce encore, mon père qui préfèrerait mourir, ta mère qui te parle de l’amour, ne s’intéresse qu’à ça, te questionne et l’amour et l’amour et tu n’as rien à lui répondre,

Tu venais aux nouvelles et comme je sortais de chez mon père nous avons plaisanté à propos de nos vieux, ta mère qui divorce encore, mon père qui préfèrerait mourir, ta mère qui te parle de l’amour, ne s’intéresse qu’à ça, te questionne et l’amour et l’amour et tu n’as rien à lui répondre, qu’importe, l’amour empêche souvent l’amitié et moi j’ai au moins l’amitié, tu as dit sur le ton de l’amitié. Je t’ai demandé où tu en étais, tu avais presque fini ta peinture, c’était un drôle de truc, ne ressemblait à rien de ce que tu avais pu faire, ne ressemblait à rien en fait, tu as ri, j’ai demandé comment allait ta fille, tu n’avais pas de nouvelles, elle appellera quand elle voudra, qu’est-ce que tu veux c’est comme ça, tu ne vas pas lui expliquer la légèreté, enfin tout est sérieux si sérieux, tu as dit et j’ai pensé, en même temps que toi peut-être, à notre philosophie de l’amusement car depuis des années nous nous amusons avec cette idée que nous appelons projet philosophique. Souviens-toi, nous en avons parlé sérieusement, de ce projet amusant lancé une nuit d'été, c'était bien avant les attentats

jefklak
évidemment, tu avais appelé alors que je dormais presque, c’est-à-dire que je ne dormais pas, j’en étais à essayer de dormir, j’étais dans cet effort de m’endormir qui m’épuise parfois jusqu’à l’aube. Il faudrait ne pas vouloir dormir pour dormir mais comment ne pas vouloir dormir quand on a besoin de dormir ?

La suite c'est :

Une philosophie de l'amusement, à lire dans  Jef Klak, Ch’val de course, avril 2017.

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