colloque de chiens

Regarde-moi dans les yeux bébé regarde maman tu mens à maman c’est pas beau dis donc c’est toi qu’as fait ça, il a son air bon ses yeux cons, tu fais la misère mais ça marche pas, tu voles tu voles tu te rends compte que t’es pas un oiseau les oiseaux on peut l’expliquer ils ont presque pas de conscience une toute petite tête alors eux c’est normal qu’ils volent on pardonne, allez je vais pas y retourner mais tu sais bien que j’aurais partagé si t’avais attendu, tu sais que maman partage ses petits plaisirs quand y en a, j’aurais pas dû le laisser ça sur la table, j’ai négligé c’est mes jambes ça me fait courir, déjà pour te sortir avec mes jambes comment ça me fait courir, faut bien surtout en ce moment que c’est la fête du cul, il aime bien ça mon bébé forcément, moi ça me fait du bien de sortir bébé même sans cul voir les enfants au parc, tout ce qu’on fait si c’est pour que les enfants recommencent. Tout ce qu’on a fait ça fait réfléchir sur l’utilité à cause des enfants qui recommencent tout c’est une petite pensée qui me défonce, ça me défonce la tête cette pensée, forcément aussi les médicaments si je les prends pas je me défonce rien qu’avec une petite pensée c’est bien connu, merci bébé tu m’y fais penser avec tout ça j’oublie mon traitement ah la la je me disais au parc il faut encore te courir derrière avec mes jambes, t’étais où bébé, dès qu’il peut il file, j’allais pas courir tant pis, j’ai parlé avec un monsieur sur le banc, ces enfants qui recommencent tout à zéro on est dépassé, ça fait du sur-place, il a dit les chiens n’attendent rien de l’histoire, au moins eux les chiens, je sais bien j’ai dit mais moi ça me fait pleurer comment on est dépassé, l’émotion d’une vie qui sert à rien, ils recommencent tout les enfants, le vôtre il est où je demande je parlais du chien lui il dit j’ai pas d’enfants, au moins ça, si c’est triste, mais de chien je demande, et lui devant le cul du vôtre, et bah, après du silence, vous avez un beau chapeau c’est du faux ? je demande histoire de faire la conversation et lui du faux du vrai qu’est-ce qu’on en a à foutre si ça existe et voilà qu’il se met à raconter hier j’étais à un colloque une foutaise encore une, en rentrant j’ai mangé avec V.W. , c’est Volkswagen en allemand, ma chienne, Virginia Woolf, comme un loup pour l’homme, elle est où je demande et lui c’est elle qui drague votre chien on se demande si c’est pas une erreur, il dit d’un ton et il continue de raconter hier soir elle avait faim les colloques ça creuse, il a fallu rajouter des pâtes avec ça elle est contente, mais ça n’a pas passé le colloque aujourd’hui elle accuse, c’est pour cette raison qu’elle voudrait un coup de cul, lassitude lassitude, Virginia, je l’appelle pour faire honneur à la femme, est restée tout hier dans l’amphi à supporter ces communications de ces tas d’oiseaux qui aboient leur savoir, elle elle était couchée sous mes pieds on autorise à cause de mon aura, la présence d’une chienne au moins quand on s’emmerde, le niveau le niveau, nullité ennui comme autrefois, les chiens c’est la complicité vous comprenez, l’esprit critique des chiens, vous savez, leur silence idéal, un colloque normalement médiocre et pourtant il faut bien y aller parce que demain ce sera fini de parler de ces conneries qui rapportent rien, quelle misère, demain tout le monde s’en foutra comme on s’en fout déjà, demain c’est déjà là, il était amer ce monsieur à cause de l’âge et de tout ce gâchis, ce monsieur est cultivé alors il ignore et je n’ai pas voulu le vexer à propos de la misère, j’ai dit bien entendu, je suis bien d’accord, des choses comme ça, la solitude des gens ah la la ça fait peine, j’aurais bien couché un petit coup pour lui changer la tête, mais tu sais nous c’est pas pareil, c’est pas le désir qui manque, mais les gens cultivés ils se mélangent pas bien. Bon alors qu’est-ce qu’on peut manger ce soir bébé ? sans jambon il y a encore un petit bout de fromage, ah ben t’aimes pas, tant pis fallait pas voler.

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