Feuilles mortes par terre
Sous les arbres les chênes
Et mademoiselle
Avec ses hauts talons
Qui se promène
Entends-tu les merles
Qui sur le mur chantent
Mademoiselle dans les bois
Qui se tient à son bâton
Et respire profondément
Senteurs de feuilles mouillées
De terre et de bois
Plus loin sur le muret de pierres sèches
Les merles sifflent
Mademoiselle écoute
Sur ses lèvres un sourire
Douce lumière à travers les branches
Vois-tu sur le sentier
Les traces de sangliers
Feuilles de chêne qui tombent
Et mademoiselle
Qui se déhanche sur ses hauts talons
Une main posée sur sa canne
La voici qui fredonne
Une chanson une musique
L’air dans le ciel
Bleu de Prusse à travers les branches
De la cime un oiseau surveille
Et toi qui vas
L’ultime moment venu
Rougeoiement des feuilles
C’est l’automne
Tes lèvres charnues remuent
Fines paroles à peine audibles
Tu chantes
L’aiguille de tes talons dans la terre
Les feuilles tout autour
Mademoiselle se promène.