Coups de brosse
De pinceau
Contre le mur
Pour imaginer le ciel
Se représenter l’ailleurs
Quand ce dernier ruisselle
Puis soudain
Goutte lentement
Le long de la paroi
L’ailleurs comme bonheur
Une planche pleine de clous
La douleur de la chair meurtrie
Et ses marques de pinceau
La soie en sillons serrés
Pour appeler
Crier
Hurler sur le support hésitant
Qui vacille sur lui-même
Où se trouve la terre ferme
L’herbe sous les pieds disparaît
Même pas un arc-en-ciel
Des yeux imaginés
Des lèvres gercées
Les mains autour du sexe
Se demandent
Les doigts hésitent aussi
Pendant ce temps
Le ciel réapparaît
Sans plus se référer à la terre
Et l’herbe humide fuit déjà
Sous les pas
Plus la peine de compter les petits cailloux
Le bois à bout de bras s’élance
Il faudrait plus de peinture
Entends-tu Scarlatti sous les doigts
Ne libère pas le pinceau pour autant
Viens approche-toi
Accroche-toi aussi maintenant
Et grimpe
Grimpe sans te retourner
Grimpe le plus haut que tu pourras
Et quand tu toucheras enfin l’ailleurs
Arrête-toi
Et saute
Tu verras alors les roses fanées
Refleurir sous tes doigts.