De sa fenêtre la mer apparaissait
Au loin derrière les dunes
La forêt de confères
Elle apparaissait après la plage
L’immense plage de sable blanc
Cette mer aux teints sombres
Qui ondule sous les vents violents
Incessants
Amenant jusqu’à la chambre
Son hurlement perpétuel
Qui le réveillait parfois
La nuit
La nuit quand il ne lisait pas
A ce moment-là
Il revoyait les visages disparus
Qui restaient devant lui
Un sourire au coin des lèvres
Ou tristes à lui faire peur
Le sommeil alors le quittait
Laissant place à la mémoire
Une foule de souvenirs indistincts
Qui l’effrayaient
Le poussait vers une pluie de remords
Pétrifié
Il demeurait blotti contre ses oreillers
Les yeux grands ouverts dans l’obscurité
Incapable de bouger
Sans même trouver le courage
D’allumer
De prendre un livre sur sa table de chevet
Et les heures passaient
Longues
Incommensurablement longues
Jusqu’aux premières lueurs du jour
Qui enfin le libéraient
Alors
Débarrassé du grondement intérieur
Il pouvait se lever
Descendre dans la cuisine
Et
Avec le café qui commençait à emplir la maison
De son arôme
Il pouvait de nouveau revoir l’existence.