Pas besoin de la regarder
Pour penser à elle
Ni de lui parler
J’ai pris cette habitude
De la frôler sans la voir
Tout en pensant à sa présence
En pensant à ses formes
Ce sein que j’aimerais tant
Toucher
Sucer même
Et ses jambes son ventre
Mais je passe sans la regarder
Je la connais si bien
Trop même
Oui
Je pourrais lui dire
Mais le comprendrait-elle
Elle si pure
Alors dans mon quotidien
Je préfère l’ignorer
Ignorer son regard omniprésent
Pesant même
Qui me suit et m’interpelle
Un jour peut-être
Je me déciderai à couper ce cordon
Cette laisse qui m’interdit de tout changer
Enfin je lui ferai face
La regarderai droit dans les yeux
Et de mes deux mains volontaires
Je la retournerai
Ou alors
Je la décrocherai du mur
Et dans son cadre d’ébène
Je la rangerai dans une malle
Et à la place
Je choisirai une peinture monochrome
Mieux assortie avec le canapé rose.