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Billet de blog 28 avr. 2022

30 actions contre les projets polluants au lendemain des présidentielles !

Sans attendre quoi que ce soit d'un gouvernement Macron qui a déjà fait la preuve de son double discours sur l'écologie, plus de 120 de ces collectifs se sont coordonnés pour cette journée d’action le 26 avril et marquer leur résistance dès le lendemain des présidentielles.

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Pendant tout le quinquennat, nous resterons déterminés et soudés pour ne laisser passer aucune infrastructure toxique, aucune extension d'aéroport, déviation routière, centre commercial, entrepôt Amazon, en bref : aucun autre projet injuste et polluant. A Roissy, Ossun, Dijon, Fournès, Roybon, Notre-Dame-des-Landes et tant d’autres, c’est dans ces luttes que nous avons remporté une quarantaine de victoires ces dernières années, et que nous irons en arracher toujours plus ensemble.

Pour la suite, nous donnons rendez-vous toute l'année près de chez nous pour protéger nos terres, nos forêts, nos rivières dans les près de 400 collectifs qui se battent contre ces projets sur la carte : https://lutteslocales.gogocarto.fr/

LE DÉTAIL DES ACTIONS

A Paris, trente activistes de Extinction Rebellion France et des luttes locales sont allés murer le ministère de l'écologie ! Devant des pouvoirs publics complices de la bétonisation des terres en France, ils sont venus rappeler un message simple : on ne peut pas d'un côté lancer des grandes promesses de zéro artificialisation des terres ou de neutralité carbone, et de l'autre autoriser et financer ces projets polluants par centaines.

Le ministère temporairement fermé, les activistes agissent déjà et agiront à sa place pour stopper concrètement et localement les projets de fermes-usines, autoroutes, bétonisation de terres agricoles, aéroports, ...

Forêts

A Forcalquier, des collectifs de forestiers et d'habitants en résistance ont fait une marche-action contre le photovoltaique industriel sur les espaces naturels et forestiers, notamment dans la forêt menacée de Seygne (commune d'Ongles), pour préserver des centaines d'hectares de forêts menacés.

A Bager, dans le Béarn, une journée de randonnée a eu lieu dans un ilôt de vieille forêt pour alerter sur la gestion forestière de l'Office National des Forêts, avec l'association ACCOB (association pour la conservation du Cadre de vie d'Oloron et Bager). Dans les Pyrénées les forêts anciennes sont désormais menacées par l'exploitation industrielle du bois et une résistance nationale s'organise autour de l'appel pour des forêts vivantes.

Routes

Des dizaines de projets routiers sont également prévus... et contestés par des collectifs d'habitant-e-s !

A Avignon, 30 militants du Collectif PUMA : Pour Une Autre Mobilité à Avignon se sont retrouvés sur le rond-point de l'Amandier, lieu symbolique où la Liaison Est-Ouest (LEO), projet vieux de trente ans est censée arriver un jour après avoir traversé le poumon vert d'Avignon et détruit 50ha de terres agricoles. Les militants ont pu distribuer quelques 800 tracts aux automobilistes curieux, puis partager un pique-nique au milieu du grand rond-point sous le soleil.

A Strasbourg, le collectif GCOnonmerci a lancé une action de comptage de camions pour démontrer l'impact négatif du Grand Contournement Ouest, autoroute inaugurée en 2021 sur 300 ha malgré une forte résistance et une défaite en justice a posteriori.

A Lyon, avec le collectif La Lutte des Sucs : une soirée de présentation à l'Amicale du futur de cette lutte a eu lieu contre la RN88, l'un des plus grands projets routiers de France, qui menace 140 hectares de terres en région Auvergne Rhône Alpes.

A Montpellier, le collectif SOS Oulala en lutte contre le projet de périphérique de Montpellier (LIEN), a pour la sortie des résultats de la consultation public organisé une réunion d'information et d'organisation suivie d'une soirée de soutien. La mobilisation de terrain grandit pendant qu’un recours au conseil d’Etat a de bonnes chances d’aboutir en leur faveur. En mars s’est tenue une consultation publique massivement suivie, 1600 personnes ont fait l’effort de contribuer et d’exprimer en grande majorité leur opposition au projet de périphérique. Mais, le département et la préfecture refusent d'entendre l’opposition de la population.

Jardins Populaires :

Aux Jardins des Vaîtes de Besançon, des habitant.e.s ont continué plantations et travail de la terre pour occuper des terres fertiles et maraîchères menacées de bétonisation. En effet, la mairie de Besançon porte depuis des années un projet d'écoquartier sur ce site. Ni les défaites au Tribunal administratif puis au Conseil d'Etat, ni la mobilisation citoyenne ne l'ont dissuadé (pour l'instant) d'abandonner ce projet.

A Rennes, une Vélorution a eu lieu entre Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) et l’Îlot U , à Rennes, un jardin populaire autogéré ouvert à toustes et menacé. Les collectifs 650ha et de l'îlot U, à l'origine de la mobilisation se battent contre la bétonnisation de ce jardin populaire et contre le projet ViaSilva, qui prévoit de bétonner des centaines d'hectares de terres en périphérie de Rennes pour des batiments, bureaux et logements, "jetables dans 50 ans et responsables de plus d'une tonne et demi de carbone climatique au m²", en lieu et place d'une terre nourricière de 2000 ans.

Fermes-usines

A Lescout dans le Tarn, la Confédération Paysanne et les collectifs d'habitant-e-s ont bloqué le chantier de construction du cinquième poulailler d'une ferme-usine, qui porterait à 200 000 poules la capacité de cette méga-exploitation. La concentration d'animaux se poursuit au détriment des terres, du climat, et des paysan.ne.s alors que l'épidémie de grippe aviaire devrait faire repenser l'organisation de la filière volailles.

Une autre action a eu lieu à Langoat avec un procès symbolique de l'agro-industrie et de la ferme-usine à cochons locale ! Les victimes : vers de terre, cochons, consommateurs, eleveuses, climat, sols et eaux vives, ont été defendues et la présidente du tribunal a condamné l'Etat, les élus locaux et régionaux à des excuses publiques et à réparer les dommages infligés par la remise en état des milieux concernés. Bretagne Contre Les Fermes-Usines

Aéroports :

A Saint-Emilion, des centaines d'affiches étaient collées par le collectif Les Braises - Non à l'aéroport du Saint-Emilionnais contre un projet d'aéroport international de jets privés. Le collectif a obtenu l'annulation du projet et souhaite encourager tous les autres collectifs en lutte notamment contre la douzaine d'extensions d'aéroports prévus en France !

Bétonisation de terres :

A Saclay, les luttes d'Ile-de-France se sont rassemblées pour une marche funèbre en hommage aux terres agricoles menacées du plateau, parmi les plus fertiles d'Europe. Après la destruction de 400 ha, le massacre se poursuit en effet avec un métro inutile en plein champ à 4,5 Milliards d'€, un hôpital "high-tech", des mégacentres sportifs et aquatiques, ... Le Collectif contre la ligne 18 et l'artificialisation des terres continue le combat pour empêcher ça ! 

A Céret dans les Pyrénées Orientales, les habitants ont affiché dans et autour du village de nombreuses banderoles contre le projet de viaduc et route, en lien avec la Coordination Viure qui s'allie contre plus d'une dizaine de projets de bétonnage dans le département !

A Amiens, le collectif Horror Boréalia a détourné les panneaux "ville fleurie" de la ville en "ville bétonnée" contre le choix de la ville de multiplier la bétonisation des terres agricoles et espaces verts, notamment avec le projet de ZAC d'entrepots logistiques Borrealia qui menace jusqu'à 195 hectares.

A la Clusaz avec Extinction Rebellion Annecy, un projet de retenue d'altitude porté par la mairie et la région menace la montagne et le futur de ses habitant.es. Les habitant-e-s ont affiché ce matin du 26 avril partout des affiches détournées où le maire Didier Thévenet, décidait d'un coup d'agir pour l'intérêt public et stopper ce projet de bétonage de la montagne pour le ski. Chiche ?

"Ni béton, ni maton" : c'est le mot d'ordre de la mobilisation qui a eu lieu contre le projet de construction d'une prison à Entraigues-sur-la-Sorgue de 400 places sur 15 hectares. Le collectif de la Zad du Plan s'est mobilisé pour occuper le terrain et y planter des semis de tournesols.

A Rouen, une première mobilisation a eu lieu contre le groupe sucrier de Dubaï AKS qui prévoit d’implanter la plus grande sucrerie d'Europe, doublée d’un Méthaniseur sur les bords de Seine ! Loin des cultures de betterave, avec une bilan carbone désastreux, sur un site classé, détruisant les petites filières et génèrant une quantité astronomique d’eau malodorante et dur à traiter, ce projet est une aberration à plus d'un titre : aujourd'hui, les habitant-e-s se lèvent et sont déterminé-e-s à aller aussi loin qu'il le faudra pour le stopper !

A Nantes, un rassemblement en centre ville a rassemblé la majorité des collectifs en lutte dans la métropole et à proximité: le Jardin des ronces qui défend un jardin populaire et la dynamique de lutte autour des 50 hectares de terres agricoles menacées par le projet d'urbanisation du vieux Doulon, STOP CHU contre le déplacement du CHU sur des zones humides, la Commune de Chantenay contre le projet d'arbre aux hérons, la Tête dans le sable se mobilisant contre l'extension des carrières Lafarge au bord de la Loire, le collectif d'habitant.e.s du CRI contre l'urbanisation de Nantes Nord et le collectif Stop Carnet contre la destruction de zones humides sauvages sur l'estuaire de la Loire.

Chaque collectif a ensuite proposé un atelier afin de s'organiser contre cette dynamique globale de métropolisation et de destruction de terres.

A Vigneux de Bretagne, 100 personnes se sont rassemblées sur les terres agricoles menacées par l'implantation d'une nouvelle station Total. Prévue dans le cadre du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes désormais abandonné, elle bétonnerait 6 hectares de zones humides alors qu'une autre station essence est présente à 1,5km sur le même axe. NDDL Poursuivre Ensemble

A Orléans, avec les collectifs La Loire Vivra, Eau Secours Alarme Nucléaire Orléanais ​​​​​​​et la coopération des luttes locales du département, rassemblement contre les projets polluants et imposés du Centre Val de Loire: le projet de pont Mardié, le maintien des centrales nucléaires, le projet de privatisation de l'eau et de l'assainissement de la métropole, les constructions de plates-formes logistiques, l'aménagement d'un territoire tout camions, l'urbanisation à outrance​​​​​​​​​​​​​​.

A Vierzon, dans le Cher, l'association "Hangars et tout camion, c'est non" a manifesté contre le projet de plateforme logistique Virtuo, qui menace 16 hectares de terres.

A Mer, dans le Loir et Cher, avec l'association "A bas le béton", les militants se sont retrouvé pour un chantier collectif à la Zone à Défendre des 100 planches, contre plusieurs projets d'entrepôts logistiques... et y ont construit plusieurs nichoirs à oiseaux pour aider les espèces protégées et menacées de la zone !

A Berck-sur-mer, le collectif Non à Tropicalia a tracté contre le projet aberrant de serre tropicale de 20 000 m2 dans le Nord ! Malgré quelque péripéties avec la police, l'accueil était très bon...et le collectif continue ses actions jusqu'à l'abandon du projet !

D'autres actions continuent d'arriver, mais déjà un grand bravo à tous ces collectifs et ceux qui se battent toute l'année pour empêcher le bétonnage des terres !
Rdv pour les soutenir sur la carte des luttes https://lutteslocales.gogocarto.fr

Et à très vite pour d'autres actions !

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