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Billet de blog 17 mai 2011

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2011.05.13 Fukushima Update : Et pendant ce temps la au parti communiste

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Traduit de l'interventionorale de Arnie Gundersen, ingénieur nucléaire

http://theenergycollective.com/anjaatkinson/57515/fukushima-analysis-arnie-gundersen-nuclear-engineer

Bonjour Je m'appelle Arnie Gundersen, travaillant pour FaireWind, et on est le vendredi 13 Mai2011. Je vais au long de cette présentation faire un résumé de la situation sur le site de Fukushima et de ses alentours immédiats.

Pour faire un résumé très rapide, et si on faisait une métaphore entre Fukushima et un rodéo, le mustang serait entrain de faire valser le cowboy depuis le début de la semaine.

Une réunion de la NRC (organisme de régulation pour l'énergie nucléaire américaine,équivalent à ASN Française) a été tenue jeudi, dont le but étaitde faire le point sur la situation. Je pense que ce que vont dire les collaborateurs de la NRC, est que la situation est toujours instable, instable étant un euphémisme.

Ce 11/05/11 TEPCO aannoncé que le cœur du réacteur de l'unité n'était plus couvert (c'est à dire qu'il n'était plus protégé par une hauteur d'eau permettant de contrôler les rayonnements ionisants) et qu'il avait subi des dommages extensifs. Ils ont découvert ceci après avoir réussi à faire entrer des travailleurs (pour une durée trèslimitée) dans le bâtiment réacteur et à changer les sondes de mesure de hauteur d'eau. Ces sondes ont permis de constater qu'il n'y avait pas d'eau dans le réacteur, et très peu dans l'enceinte de confinement (enceinte en béton entourant le cœur du réacteur).Ceci amène à se poser la question suivante : ou est passé toute cette eau? En effet plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'eau ont été pompées dans ce réacteur depuis le début de la catastrophe. Ceci est une indication qu'il y a des fuites vers les eaux souterraines (ce qui serra développé plus tard dans la présentation). Donc pour résumé, l'unité 1 est sèche et le combustible nucléaire a fondu à travers le réacteur, et se trouve donc maintenant posé sur l'enceinte de confinement. Ceci provoque une exposition aux rayonnements ionisants très importante des personnes travaillant à proximité. Cette exposition est estimé à70R/heure, ce qui revient à dire qu'une exposition supérieure à 4ou 5 heures entraine la mort (mort subite, pas provoquée sur le longterme). Les dispositions prises doivent donc être revues.

Pour l'unité 2, pas d'évolution majeure, à savoir que de l'eau est injectée par le haut et fuit par le bas avec la même explication à savoir que l'enceinte de confinement n'est plus étanche. Ceci est donc une autre source de production d'eau contaminée sachant qu'il n'y a n'y les moyens ni les capacités de stockage suffisante à Fukushima pour contenir toute cette eau. Cette eau doit donc impérativement être traitée.Ce qu'il est important de noter c'est qu'on parle d'une capacité detraitement dépassant tout ce qui a pu être fait par le passé. En fonctionnement nominal, la centrale de Fukushima utilisait en moyenne100T d'eau par jour avec une capacité de déminéralisation de 1 a 2 tonnes par jours. Ceci montre donc que les capacités de traitement doivent être revues de manière très importante sans quoi il estcertain qu'il y aura des rejets massifs d'eau contaminée dans leseaux souterraines puis dans l'océan.

L'unité 3 estintéressante. Des discussions ont eu lieu sur internet pour faireétat de la présence de fumée blanche s'échappant de la centrale.Je ne pense pas que ceci soit une raison de s'inquiéter. Cet événement s'est produit de nuit lorsque la température extérieurede l'air chute. Cette fumée peut être la conséquence de la condensation de la vapeur d'eau s'échappant de la centrale au contact de l'eau de l'océan pacifique (elle très froide). Cette fumée est belle et bien radio-active mais n'indique pas la présence d'un feu, en tout cas je ne le pense pas. Ceci est a peu près la seule bonne nouvelle de l'unité 3. Comme je l'ai dit la températur eau sommet du cœur du réacteur est très élevée alors que la pression au sein du réacteur est très faible. Ceci montre que la présence d'eau ne peut pas exister sous ces conditions. Il n'y a donc pas d'eau (ni sous forme liquide, ni sous forme gazeuse), ce qui montre qu'en revanche il y a de l'air dans le réacteur, alors que ce type de réacteur n'est pas fait pour être refroidi par air. Il existe donc un problème majeur de refroidissement de cette unité 3.Une explosion d'hydrogène est donc toujours possible du fait de ces variables Température/Pression. Une autre information concernant l'unité 3, est la vidéo prise à l'intérieur de la piscine de refroidissement. Ces images sont catastrophiques; Elles montrent de grandes quantités de béton et d'acier en vrac dans la piscine et montrent que certaines barres de combustible ont été tordues. Ceci laisse penser qu'il y a eu une violente explosion dans cette piscine (réaction exothermique). Un autre élément qui confirme cette thèse est la présence Iode 131 dans la piscine. La période de demi vie deIode 131 étant de 8 jours et la catastrophe ayant eu lieu il a 60 jours, cet Iode devrait avoir complètement disparu. Ceci confirme qu'une réaction de criticité auto entretenue a lieu ou a eu lieu.

L'unité 4 s'affaisse (ce qui est confirmé par TEPCO). La structure a été compromise suite au tremblement de terre et a l'explosion d'hydrogène qui a suivi. En cas de réplique ou d'une autre explosion ce bâtiment pourraits'effondrer. TEPCO a également montré l'état de la piscine de l'unité 4. Les images laissent supposer que les barres sontintactes. En conséquence le plutonium trouvé à l'extérieur du site ne peut pas provenir de cette piscine.

J'ai fait des calculs pendant la semaine basés sur un rapport de la NRC; pour pouvoir trouver des particules de combustible à plus de 2km de la centrale, celles ci ont du être éjectées d'une piscine à une vitesse comprise entre 1500km/h et 1600km/h. Selon mes estimations, une pastille de métal (de la taille d'une phalange d'une main) a été éjectée de la piscine du réacteur 3 lors de l'explosion. Cette vitesse est supérieure à la vitesse du son, ce qui montre qu'il y a eu une détonation (comme l'explosion de l'usine AZF de Toulouse) dans l'unité 3 et pas une déflagration

En résumé, l'enceinte de confinement de l'unité 1 fuit ce qui ne permet pas à TEPCO d'injecter de l'azote pour stabiliser sa pression. L'unité 2 fuit et continue de remplir des bâtiments connexes et des tranchés hors du site. L'unité 3 fuit également de la même manière que l'unité 2. Les trois enceintes de confinement de ces unités ont donc des fuites.

Aux État Unis, la NRC (pour rappel la même chose que l'ASN ou Autorité de Sureté Nucléaire) a dit qu'il était impossible que ces enceintes de confinement puissent fuir. Aux vues de ce qui se passe aujourd'hui on peut dire que cette hypothèse est fausse, ce qui devrait avoir un impact majeur non seulement sur les centrales nucléaires en activité mais également sur les nouveaux prototypes de centrale comme l'AP1000 de Westhinghouse en cours de certification aux USA (centrale de 3eme génération américaine équivalente à l'EPR de EDF et Areva)

Pour finir parlons de l'impact de ces découvertes sur les abords immédiat de la centrale. Pour commencer parlons de l'eau : Beaucoup d'eau est injectée et pas toute est recueillie. Certains experts ont montré que le niveau du site de Fukushima abaissé de à près 1pied (33cm), ce qui montre avec certitude que le béton de la structure a forcement fissuré, et donc que de l'eau contaminée s'infiltre dans les eaux souterraines. Dans une vidéo antérieure je parle de comment ont a retrouvé de la radio-activité dans les égouts d'une ville des alentours. Un expert en eaux-usées m'a contacté cette semaine et m'a indiqué qu'il était fréquent d'observer une remonté des eaux des nappes phréatiques dans les égouts après un tremblement de terre. Une des informations vitales qui doit maintenant être transmise par TEPCO et le gouvernement japonais, et que l'on n'a pas à ce jours, est de connaître les concentrations et la composition de la radio-activité trouvée dans ces eaux.

A propos de la contamination aérienne, une étude menée en partenariat entre les USA et le Japon montre des contamination à plus de 50-60km du site de la centrale. Par exemple je peux citer le cas d'une école ou on oblige les élèves a porter des masques et des manches longues. Pendant qu'ils sont dans l'école la terre entourant l'école est excavée car cette terre expose les élèves à des doses normalement admissibles que pour des travailleurs adultes du nucléaire.

Pour finir on peut direque les 3 unités continuent à émettre de la radio-activités car les barrières de sécurité ont lâchées. L'eau est injectée sous forme liquide, elle ressort en vapeur, et il n'y a aucun mécanisme permettant de palier à ce problème dans le futur

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