Peu charitable avec ses confrères, car heureusement, dit-il : « le ridicule ne tue pas », il prétend que cette annulation serait « un coup d’épée dans l’eau ».
Je laisse le soin de répondre sur ce point aux auteurs visés (Jézabel Couppey-Soubeyran, Gaël Giraud, Paul de Graüwe, Aurore Lalucq, Laurence Scialom, les économistes d’Attac comme Jean Gadrey, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Esther Jeffers, Dominique Plihon...).
Pour ma part, modeste lecteur, je ne peux me retenir de relever une « perle » dans la démonstration de H. Sterdyniak.
En effet, ce dernier craint que cette annulation fasse des perdants, tels les investisseurs, français ou étrangers, qui ont accepté de prêter à l'Etat à des taux nuls, voire négatifs ; pire, qu’elle spolie les épargnants qui ont placé leurs économies dans l'Assurance-Vie ! Bigre… ou encore que la France risque d’être condamnée devant les tribunaux, auprès desquels les créanciers étrangers ne manqueraient pas de l’attaquer.
Il faut relire ces phrases à deux fois pour être sûr... de la confusion faite par M. Sterdyniak.
Car de quoi parle-t-on ? de l’annulation des dettes publiques détenues par la BCE. Autrement dit des titres obligataires émis par les États, et que la BCE a pu racheter sur le marché secondaire. On a bien 2000 milliards d’Euros qui ont été versés aux États, et que ces derniers doivent à la BCE. L’annulation diminuerait donc bien la dette des États et créerait une perte équivalente dans le Bilan de la BCE (là encore je laisse aux partisans de la mesure le soin d’en évaluer les conséquences).
Mais pour revenir aux détenteurs d’une Assurance-Vie et aux investisseurs français ou étrangers, en quoi sont-ils concernés ? Le rachat de leurs créances par la BCE n’a fait que changer l’identité de leur débiteur. La BCE, reprenant les engagements des États, ne risque pas de faire défaut aux épargnants, on en est loin !
Que viennent faire ces arguments dans le billet de M. Sterdyniak ? Est-ce une simple bourde ou de l’enfumage ? Cette fable avait-elle pour but « d’effrayer les français » ? Le débat mérite mieux.