Lettre ouverte à Brice Couturier, « nomade hyper connecté aux semelles de plomb… »

Cher Monsieur Couturier [1], C’est vrai que de la même manière que les djihadistes semblent vous « stimuler », vos chroniques sur France Culture, lorsque l’on est en état de les supporter, sont un excellent coup de fouet à notre indignation.

 Je m’étais pourtant promis, après  mon coup de colère en réaction à vos prises de position sur la politique carcérale en France ainsi que celles concernant Stéphane Hessel (cf. singulier.eu), de ne plus participer à vous accorder la moindre importance.
Mais aujourd’hui vous ignorer n’est plus de mise et je pense qu’il est à nouveau urgent et nécessaire de vous combattre. Pas l’homme bien sûr, toujours aussi insignifiant et avec qui la controverse n’a aucun intérêt, mais, dans les circonstances délétères que nous subissons, certainement le rôle que vous prétendez (ou que l’on vous fait) jouer du haut de votre chaire radiophonique de commentateur prétendument éclairé. Et ainsi, à travers votre petite personne, dénoncer France Culture, cette radio décidément soumise, comme tous les grands médias, à la pensée dominante. Car,  y officiant journellement sans contradicteur, il est de plus en plus clair que votre chronique donne le « la » idéologique du thème traité chaque matin d’autant que vous vous comportez en parfait « chien de grade, (oups! de garde)» dans la suite de l’émission, (si par extraordinaire, un « invité » s’avérait  plus  dissident que prévu).
Ce mercredi dernier 18 novembre, certainement transporté par l’ambiance « va-t-en guerre » du discours prépondérant il faut bien constater que vous vous « êtes lâché ». Et cela fait du bien, n’est ce pas cher Brice (vous permettez que je vous appelle Brice !?) de pouvoir enfin tomber le masque. Etre pleinement pour une fois en accord avec soi-même, avec ce qui bouillonne en vous et que vous dissimulez la plupart du temps derrière vos inflexions doucereuses, trop conscient que pour durer dans ce statut il vous faut quand même réfréner vos pulsions réactionnaires et les recouvrir du vernis de journaliste anglophile progressiste et de l’image de « rebelle » (on rit !) dont vous ne cessez de vous affubler.

Le cerveau du nomade… Le cerveau du nomade…
Mais voilà, cet emballement vous met à nu et, comble d’ironie, vous ne semblez pas, aveuglé par votre endémique narcissisme (sottise?), vous en être rendu compte. Alors permettez que je vous explique, que je vous dise (ainsi qu’à tous ceux que vous dupez chaque matin…), une bonne et dernière fois, qui vous êtes réellement et à quoi vous servez.
Pour ce faire il suffit de lire attentivement ce que vous avez écrit ce matin là, seulement cinq petits jours après cette prétendue attaque de notre territoire et de nos valeurs fondatrices : 

  •   « Chers djihadistes,
    Grâce à vous, je comprends un peu mieux ce qui me relie à ce vieux pays, la France. Ayant vécu ici ou là, du Liban à la Pologne, j’en étais arrivé à me considérer comme un homme aux semelles de vent. Il n’y a pas longtemps, je me serais bien identifié au nomade hyper connecté de Jacques Attali, libre de choisir son pays d’attache comme on décide d’un hôtel ; en vertu du ratio qualité des prestations sur niveau des prélèvements. Ma capitale à moi, ce pouvait être Londres, Bruxelles, voire New York. Je jugeais Paris provinciale.
    Je dois vous l’avouer, chers djihadistes, la France ne m’était pas grand-chose. Son exceptionnalité m’énervait. Je rêvais de la noyer dans la normalité européenne. Mais tout de même, me disaient mes amis, tes grands-pères, tous deux officiers de réserve, ont porté l’uniforme pendant les guerres. Serais-tu prêt à abandonner à n’importe qui une terre pour laquelle ton père a pris le maquis à 18 ans, frôlé la mort dans les Ardennes à 19?
    Comme à bien des hommes et femmes de ma génération, ces querelles d’Allemands m’apparaissaient comme quasi-préhistoriques. Du sang perdu.
    Le "cerveau" des attentats du 13 novembre Le "cerveau" des attentats du 13 novembre
    Pourquoi alors, chers djihadistes, ai-je voilé de tricolore ma photo de profil sur Facebook, comme l’ont fait, en un week-end, des centaines de milliers de gens – phénomène sur lequel feraient bien de réfléchir nos sociologues ? Pourquoi cette Marseillaise, entonnée par un Congrès debout, à Versailles ? Si j’étais le conseiller en communication de François Hollande, je lui conseillerais d’orner son revers d’un badge aux couleurs de son pays, comme le font dorénavant les présidents américains. Ridicule hier, cette marque de patriotisme apparaîtrait courageuse aujourd’hui.
    C’est que, chers djihadistes, j’ai bien compris votre message. Dans votre communiqué de guerre, vous vous vantez d’avoir attaqué « la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la Croix en Europe, Paris ». Vous vous vantez d’avoir massacré à la kalachnikov des amateurs de rock désarmés dans une salle de concert, « le Bataclan, où étaient rassemblés », dites-vous, « des centaines d’idolâtres dans une fête de la perversité ». Assassiner des civils désarmés, quel glorieux fait d’arme, en vérité !Vous croyez avoir semé la panique dans cette ville qui vous fait horreur, Paris, parce qu’elle est la capitale de la liberté de penser, de croire et de ne pas croire. Oui, chez nous, hommes et femmes, jusqu’à nouvel ordre, marchent côte à côte dans les rues, s’asseyent aux mêmes tables de cafés et de restaurants. Nos regards se croisent avec cette liberté que les bigots de votre espèce condamnent comme une effronterie. Les visages ne sont pas masqués, parce que l’expérience d’autrui prend la forme du visage - comme nous l’a appris Lévinas. C’est dans nos universités, très anciennes, que s’est développé cet esprit critique, qui vous fait si peur parce que vous craignez qu’il dissipe bientôt les ténèbres de votre crasse ignorance. Nos Lumières nous ont apporté une supériorité matérielle dont nous avons abusé dans le passé. Ce n’est plus le cas.
    Nous sommes une nation d’individus, fiers de leur émancipation, et désireux de la proposer à tous ceux qui viennent nous rejoindre, sans distinction de race ou de religion. Nous sommes les enfants de Descartes et de Voltaire et c’est pourquoi nous soumettons toutes les croyances à l’épreuve de la raison, tous les pouvoirs à celui de la critique. A nos yeux, aucune puissance terrestre ne peut se targuer d’une origine divine. Cette liberté de critiquer, de se moquer, nous l’avons gagnée par les armes, à la suite de nos révolutions.De tout cet acquis, il n’y a rien à négocier. C’est à prendre ou à laisser.
    Pour toutes ces raisons, pour Pascal et Paul Valéry, pour Montaigne et Proust, Watteau et Debussy, pour Lamartine en février 1848 et Charles de Gaulle en juin 1940, je me sens soudain fier d’être Français. Vous croyez pouvoir nous soumettre par la terreur, vous vous trompez. Vous courez de grands risques en prenant notre longue tolérance pour de la lâcheté. Nous détestons la violence et sommes lents à répondre aux provocations. Mais sachez que, dans le passé, nous avons affronté des ennemis bien autrement redoutables que vos hordes miteuses. Et que nous les avons vaincues. Par vos provocations sanguinaires, vous nous avez réarmés moralement. C’est une bonne chose. C’est pourquoi la peur va changer de camp. Vous voilà prévenus. »  

Oh, que voilà une belle idée rhétorique : S’adresser à l’ennemi  pour le remercier de nous faire prendre conscience de ce qui nous « relie à ce vieux pays, la France. » La « nouveauté » de l’argument épate… Qui, sans vous, nous aurait décillés !? Toute notre reconnaissance, Brice ! Sincèrement !  
D’entrée vous nous parlez de vous, comme si votre parcours personnel avait, dans ces circonstances, la moindre importance, enfin autre que celle que vous lui attribuez. Cela permet au moins immédiatement de vous cerner et n’a rien de digressif tant il est important de bien comprendre, en amont, quelles sont vos réelles attaches idéologiques, celles qu’insidieusement vous réfutez tout en les prônant. Ces petites phrases en apparence anecdotiques nous en disent tellement long sur vous :

  • « un homme aux semelles de vent…[le]nomade hyper connecté de Jacques Attali »

    et vous enchainez tranquillement

  • «…, libre de choisir son pays d’attache comme on décide d’un hôtel ; en vertu du ratio qualité des prestations sur niveau des prélèvements. » (Là c’est moi qui souligne !).

En clair, le choix d’un régime politique en unique fonction de vos intérêts privés …L’égocentrisme idéologique (ou l’inverse) porté à son incandescence ! Et vous vous défendez d’être un néolibéral !? Vous voilà porte drapeau (et celui là  n’est pas bleu, blanc, rouge) du capitalisme le plus décomplexé qu’il soit…En fait vos phantasmes vous portent à souhaiter l’annihilation de l’Etat régulateur, celui censé organiser la redistribution des richesses au nom de l’égalité de la citoyenneté… et de ne tolérer l’impôt que sur la base du rapport qualité/prix. Cela, sans vous rendre compte que vous prônez ainsi également la disparition pure et simple de La Politique et de La Démocratie, toutes deux garantes (en principe) d’un débat et d’une décision collective de la définition du bien commun et de sa répartition. Car, et  il est facile pourtant de le constater, lorsque les intérêts et la richesse personnelle permettent de choisir le lieu de sédentarisation et donc la nationalité l’avenir de tout Etat Social devient des plus incertains. La richesse s’installe d’évidence dans les pays qui la taxe le moins, n’est ce pas ? Et les autres sont voués à contenir la misère et la désespérance que la (votre) « rigueur économique » leur impose (je vous laisse le choix des exemples !).  
Ceci dit, poursuivons :

  • « Je dois vous l’avouer, chers djihadistes, la France ne m’était pas grand-chose. »

Franchement, on s’inquiète… ! En principe il n’y a que Depardieu, pour renier ainsi ses origines. Fort heureusement, grâce à l’interpellation de vos amis, vous vous reprenez bien vite :

  • « Serais-tu prêt à abandonner à n’importe qui une terre pour laquelle ton père a pris le maquis à 18 ans, frôlé la mort dans les Ardennes à 19 ?

Enfin on avance et vous voilà à découvert ! Arrive La Patrie, la terre du père…Il y en à même qui sans peur du ridicule sémantique nomme cela « La Mère Patrie ». Deux géniteurs pour le prix d’un ! Et devinez quoi ? Elle est en danger ! Si, si ! Une petite dizaine d’hallucinés, drogués jusqu’à la moelle d’inepties religieuses ont tenté de l’envahir. Bon c’est vrai, ils sont à présent presque tous morts (sauf un) mais on l’a échappé belle. Leur objectif était d’installer un Califat en France, à la place de notre belle République laïque et tolérante et de chasser Brice Couturier de ses terres ancestrales. Heureusement que Houellebecq nous avait prévenu même si aujourd’hui, ce traitre, s’attaque frontalement aux plus hauts responsables de nos institutions. On ne peut vraiment se fier à personne…
Alors n’écoutant que votre courage, mon cher Brice, comme « ces centaines de milliers de gens » vous avez « voilé de tricolore [votre] photo de profil sur Facebook ». Alors là bravo, vraiment !  Un acte qui en plus d’être courageux s’avère d’une grande portée symbolique (et ah oui, comment dites vous,
« phénomène sur lequel feraient bien de réfléchir nos sociologues ? »…Dommage que Pierre Bourdieu soit mort !).
Bon c’est vrai que Facebook a un peu poussé à la roue, en proposant de le faire
en un click …Mais qui va les soupçonner d’instrumentalisation et surtout de surfer sur la vague pour renforcer leur image démocratique? Il faudrait avoir l’esprit bien mal tourné… Enfin Brice, trêve de rigolade, vous avez la fièvre, non !? Y a-t-il une chance que vous preniez conscience des balivernes que vous proférez ? En fait je crains que non et ma tache à vous sauver de vous-même me semble à présent bien compromise. Mais essayons quand même un peu de pédagogie. Le Peuple, l’Etat, la République, le drapeau tricolore, la Nation, la Patrie ! Tout semble se mélanger dans votre esprit un peu perturbé, c’est compréhensible… Mais quand même !?
Le premier, c’est nous ça, non ? Alors oui ces gens se sont attaqués à nous, mais d’une manière aveugle, pour nous dire qu’aucun de nous n’est à l’abri, que la mort (leur mort) peut nous atteindre à chaque instant, n’importe où. Mais cela fait partie de la condition humaine, n’est ce pas ? Nous sommes des êtres vulnérables, fragiles, qu’un ridicule bout de métal sortant d’une kalachnikov peut anéantir ; de même que nous pouvons l’être pour tout un tas d’autres raisons plus ou moins mystérieuses… Et c’est bien là que ceux que nous avons désignés pour nous représenter ont mission de nous protéger, d’éviter l’incompréhensible, donc l’inadmissible. C’est le rôle que l’on peut attendre d’un Etat s’il s’agit bien d’une République, donc d’un Etat Démocratique et de son gouvernement. En l’occurrence il a terriblement failli et porte la lourde responsabilité de ce qui vient d’advenir. Car voyez-vous, cher Brice, les assassins d’hier, comme ceux de janvier dernier, sont des Français (et cela fait quand même désordre) et ceux qui les ont conditionnés et armés sont pour une grande part nos alliés
économiques : Tout particulièrement  l’Arabie Saoudite et le Qatar, avec qui, tous bords confondus, nous frayons à l’envi depuis des décennies. Ces djihadistes sont doublements les enfants de cette nation. Parce qu’ils sont nés sur son sol et que c’est nous l’occident qui les avons idéologiquement engendrés. Souvenez-vous dans les années 80, l’URSS et l’Afghanistan, la résurrection du wahhabisme et du salafisme pour mener la guerre contre les Soviétiques, et l'utilisation du djihad pour lutter contre les athées soviétiques (cf. l’ « Opération Cyclone » (1979-1989). Ici un résumé du rapport du CF2R )[2]
Mais vous avez raison, tout cela est bien trop loin de nous. Et puis s’il fallait convoquer l’histoire pour comprendre le présent où irions-nous !? C’est aux historiens de le faire, pas aux journalistes qui eux ne s’occupent que d’une seule chose : l’actualité.
Pourtant les gouvernants de cette République qui prétendent nous réunir derrière leur bannière fomentent et alimentent depuis des décennies des conflits (oh combien bien plus meurtriers de « victimes tout aussi « innocentes » que celles de Paris » !) dans toutes les régions du monde sous influences multipolaire (Syrie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, Palestine pour ne citer que les plus récents et « médiatiques »). Et ceci pour protéger ou promouvoir les seuls régimes politiques qui leur sont favorables, et ainsi préserver les intérêts économiques d’une oligarchie industrielle et financière mondiale en passe d’ensevelir l’humanité.
L’occident, Etats Unis et Royaume Uni en tête, est le principal coupable de cet ignoble chaos et, bien pire, aujourd’hui plus qu’hier il l’instrumentalise pour soumettre ses populations, en lui promettant la sécurité en échange de sa liberté. De là à envisager le « laisser faire »… mais me voilà conspirationniste, n’est ce pas  !?
Cette imposture est incommensurable et je crains qu’il ne soit d’ores et déjà trop tard pour la renverser ; mais, pour me sentir encore humain, je dois y résister… et, au moins aujourd’hui vous contrer, vous Brice Couturier, qui proférez à tout va, qu’il ne peut y avoir que de « paix américaine » car, il est bien clair que les USA sont l’incarnation du « bien » (la démocratie) contre le mal (après le communisme, à présent l’obscurantisme religieux, les barbares…).            
Mais passons au drapeau, emblème chéri de notre histoire révolutionnaire ; même s’il n’est que le fruit d’un compromis entre la monarchie (le blanc) encadré (soumis) par le bleu et le rouge couleur de la commune de Paris il est peu contestable qu’il symbolise la République révolutionnaire  et son fronton « Liberté, Egalité, Fraternité ». A l’été 1789 les insurgés parisiens afin de se reconnaitre arborèrent la cocarde avec des rubans bleu et rouge, couleurs de Paris, et lorsque l’on apprit  que le roi venait rendre visite à la capitale on fabriqua une cocarde avec un ruban blanc supplémentaire.
Savoir qui ne manque pas de sel au regard de votre proposition à François hollande de « porter un badge aux couleurs de son pays, comme le font dorénavant les présidents américains. ».Surtout qu’il y a peut-être une tout autre explication à l’origine du choix des couleurs que les Français n’aiment pas trop entendre.
[3]Etonnant, non !?
Mais pour vous tout est simple ! Brandissons cet étendard, réunissons nous derrière lui et « marchons, marchons, [et] qu’un sang impur abreuve nos sillons… » Si vous étiez un « intellectuel » cela, définitivement, vous discréditerait ; vous voilà donc excusé. Car si vous pensiez vous auriez fait quelques recherches et auriez appris que dans le même mouvement il est devenu l’emblème de La Nation, jusqu’alors réservé au drapeau blanc. Et immédiatement ou presque celui de La Patrie. Son indissociabilité de La Marseillaise en atteste : « Allons enfants de La Patrie, etc. ». Et son appropriation progressive mais irrépressible par la Droite Républicaine, puis par l’extrême Droite en ont fait au final un symbole particulièrement réactionnaire, xénophobe et militariste. C’est un peu comme si le blanc sans en délaver les couleurs avait corrompu le bleu et surtout le rouge (sans Lamartine il aurait pu être, au moins pour un temps, entièrement rouge
cf. wikipedia). Pour une grande partie de ma génération (celle de 68, au fait la votre, non ?) il fut un repoussoir et le demeure à jamais. Il est synonyme de colonialisme,  de répression, d’ordre catholique bourgeois, de censure, eternel étendard d’une France nationaliste, réactionnaire, poujadiste, raciste, en deux mots stupide et moisie. Et vous la gueule enfarinée venez nous dire que soudainement, grâce à ces « chers terroristes », vous vous êtes rendu compte de sa véritable grandeur et voulez lui redonner toute son originelle symbolique. Alors vous entonnez le couplet bien connus de nos magnifiques  valeurs  à défendre au prix de notre sang, s’il le faut ! Le raccourci est particulièrement pervers mais (et vous en êtes parfaitement conscient !) les esprits traumatisés ne peuvent que vous suivre et ne retiendront que cela.  

  • « Nous sommes une nation d’individus, fiers de leur émancipation, et désireux de la proposer à tous ceux qui viennent nous rejoindre, sans distinction de race ou de religion. Nous sommes les enfants de Descartes et de Voltaire et c’est pourquoi nous soumettons toutes les croyances à l’épreuve de la raison, tous les pouvoirs à celui de la critique. »

Bravo l’artiste !
Mais voilà, des individus émancipés, cher Brice ne s’alignent pas derrière un drapeau… Car parmi les croyances et les pouvoirs qui nous assujettissent, il en est peu d’aussi puissants et mortifères. L’orgueil de l’appartenance nationale qu’il représente et auquel vous vous référez un peu plus loin se nomme tout bonnement : Le Nationalisme. Souvenez-vous ! Il est à l’origine de millions de morts…C’est cela le plus insupportable même si vous n’êtes ni le premier, ni le seul à le faire, bien qu’il faille le reconnaitre, vous manifestez dans ce domaine un indéniable talent: Utilisez la défense de l’esprit critique pour au final l’abolir !
Je pense d’ailleurs qu’est là mon essentielle motivation à écrire ce texte. Car et c’est bien là le pire paradoxe, si ce que vous prétendez sauvegarder existait réellement encore dans ce pays je n’aurais pas à faire cet effort. Des dizaines de voix reconnues et bien plus « autorisées » que la mienne auraient déjà du s’élever à votre écoute et réduire ce qui vous sert de pensée en charpie. Je ne peux que déplorer leur absence et la mienne, de fierté, sera, de nulle part, d’avoir essayé. 
Ensuite vous menacez :

  • « Mais sachez que, dans le passé, nous avons affronté des ennemis bien autrement redoutables que vos hordes miteuses. Et que nous les avons vaincues. »

Ce doit être le syndrome BHL…Si ce n’était pas tellement ridicule venant de votre part (j’ai quelque peine à vous imaginez en homme de troupe!) je  pourrais bien me laisser aller à ressentir un peu de haine à votre endroit pour proférer sérieusement de telles dangereuses imbécilités. Car vos provocations, égrenées bien à l’abri dans le nid douillet de votre studio, ne peuvent engendrer que d’autres drames et surtout contribuer à séduire les esprits faibles, comme j’ai pu le constater au fil des commentaires de votre chronique. Mais en fait, elles ne sont là que pour servir vos propres intérêts en vous plaçant délibérément du côté des dominants, vous assurant un peu plus de reconnaissance et de distinction de leur part pour les temps à venir.  
Alors au final, mon cher Brice, je  vais tout simplement terminer en vous riant au nez, comme d’ailleurs le font évidemment ces « chers djihadistes » qui grâce à des gens comme vous sont en train d’atteindre leur objectif.
Et puis, veuillez m’excuser, si au terme de ces quelques lignes, je répugne à vous saluer…

Le 24 novembre 2015

Singulier.eu

 

 

 

 


[1] Ancien animateur de Radio Nova, Brice Couturier a fait partie de la rédaction de la revue Autrement et a été rédacteur en chef du magazine Globe, qu’il avait cofondé. Il a ensuite été rédacteur en chef du magazine Lui (1990-1992), chef du service Idées de L’Événement du Jeudi (1998-2000), rédacteur en chef adjoint du mensuel Le Monde des débats (2001) et critique musical de Marianne. Brice Couturier a également contribué aux revues Communisme et Esprit, et appartient au comité de rédaction de la revue Le Meilleur des Mondes depuis sa création en 2006. Il a animé l’émission de débats « Contre-expertise » sur France Culture en 2002, et depuis décembre 2006, il produit l’émission « Du grain à moudre » sur cette même chaîne, aux côtés de Julie Clarini jusqu’en 2010, puis de Louise Tourret depuis janvier 2011. Par ailleurs, il a été maître de conférences associé au Centre Hannah Arendt de géopolitique européenne à l’Université de Marne-la-Vallée (2001-2008). [Source principale :[Source principale : Wikipédia]

[2] Durant la guerre contre les Soviétiques, ce sont des millions de jeunes Afghans qui ont été éduqués (endoctrinés) dans les madrassas de la zone tribale pakistanaise, implantées par le parti religieux Jamiat Ulema-e-Islam (JUI). Ce sont eux les Talibans ! (Taleb désigne en pachto un étudiant en théologie dans une madrasa, l'université théologique musulmane). Ils y sont fortement influencés par une école de pensée, l'école deobandi, qui prône le retour à « un islam juste et respectant les principes islamiques ». En particulier le code tribal des Pachtounes. Les talibans sont des néo-fondamentalistes. Ils veulent d'abord réislamiser les mœurs, la justice, les êtres humains. La forme de l'État n'a pas d'importance pour eux à la condition de respecter la loi divine. Et seuls ceux qui l'ont étudiée sont à même de l'expliquer et d'en assurer le respect.».

[3]: À l’époque de la Révolution française, le bleu, le blanc et le rouge sont très à la mode. On les trouve sur les papiers peints, les tissus d’ameublement et les vêtements. Pourquoi ? Parce-ce que ce sont les couleurs du tout nouveau drapeau des Etats-Unis d’Amérique qui ont déclaré leur indépendance en 1776.  Porter ces couleurs-là était une façon de montrer sa sympathie pour les idées progressistes. Et vous vous souvenez du nom du général français qui s’est battu aux côtés des indépendantistes américains ? Le général de La Fayette, bien sûr ! De là à imaginer que La Fayette, grand admirateur des Américains, a juste repris les couleurs de leur drapeau, il n’y a qu’un pas. (Source : http://www.arte.tv/magazine/karambolage/fr/le-symbole-le-drapeau-francais-karambolage)

 

 

 

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