Trump ou la prétendue nouveauté

Pour tous ceux qui, aveuglés par le discours dominant, croient que l'abomination Trump est un "accident" de l'Histoire américaine...

Extrait d'un texte en gestation, et non encore publié, sur le mythe américain...A méditer!

..."Andrew Jackson, (septième président "Démocrate" des États-Unis de 1829 à 1837), qui jouit encore aujourd’hui, en toute bonne propagande, d’une réputation incongrue de «  protecteur de la démocratie populaire et de la liberté  individuelle » fut celui qui, le 28 mai 1830, après le vote du congrès, signa la loi d’expulsion des Indiens de tous les États de la côte Est et leur implantation dans les territoires à l’ouest de la plaine du Mississippi (Indian Removal Act).

« C'est l'application de cette loi en 1838 qui amena la déportation de 16 000 indiens de la nation Cherokee de Géorgie dont plus de 4 000 moururent sur le Sentier des larmes avant d'être arrivés en Oklahoma. Cet acte est le plus spectaculaire du génocide qui a touché les Amérindiens. » Wipédia (Andrew Jackson).

Démagogue s’il en fut, Jackson, abhorre les politiciens professionnels et les institutions. Il me semble indispensable de reproduire ci-dessous la critique acerbe qu’en fit Tocqueville, tant elle apparait aujourd’hui d’une brulante pertinence, au regard du comportement du « nouveau locataire » de la Maison Blanche (…, en passe d’être rebaptisé « Maison Brune » !) et permet surtout d’en relativiser la prétendue extrême nouveauté :

« (...) loin de se présenter comme le champion de la centralisation, le général Jackson est l’agent des jalousies provinciales ; ce sont les passions décentralisantes (si je puis m’exprimer ainsi) qui l’ont porté au souverain pouvoir. C’est en flattant chaque jour ces passions qu’il s’y maintient et y prospère. Le général Jackson est l’esclave de la majorité : il la suit dans ses volontés, dans ses désirs, dans ses instincts à moitié découverts, ou plutôt il la devine et court se placer à sa tête. (...)

 Après s’être ainsi abaissé devant la majorité pour gagner sa faveur, le général Jackson se relève ; il marche alors vers les objets qu’elle poursuit elle-même, ou ceux qu’elle ne voit pas d’un œil jaloux, en renversant devant lui tous les obstacles. Fort d’un appui que n’avaient point ses prédécesseurs, il foule aux pieds ses ennemis personnels partout où il les trouve, avec une facilité qu’aucun président n’a rencontrée ; il prend sous sa responsabilité des mesures que nul n’aurait jamais avant lui osé prendre ; il lui arrive même de traiter la représentation nationale avec une sorte de dédain presque insultant ; il refuse de sanctionner les lois du Congrès, et souvent omet de répondre à ce grand corps. C’est un favori qui parfois rudoie son maître. »

De la démocratie en Amérique    Tome 2 (1840)

Le 31 janvier 2017

singulier.eu

 


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